Quand dès le début de l’interview, Julian Bugier tente de parler des questions économiques, #Nicolas Sarkozy botte en touche, intelligemment mais sans égard pour la question, et préfère expliquer pourquoi il lui semble important de rétablir un cadre "Républicain" avant toute autre considération.

Il évoque avec beaucoup d'efficacité et même de pertinence la cohérence de sa démarche : venu pour rassembler un parti divisé et miné par les ambitions autant que par les affaires, et ayant réussi, c'est maintenant à l'échelle de la France qu'il souhaite servir et rétablir les valeurs que porte la République française.

On comprendra bien, pour ceux qui ne l'auraient pas encore saisie, la motivation qui aura inspirée le nom de ce nouveau parti : Les Républicains. Le journaliste faisant néanmoins remarquer les sifflets du dernier congrès, comme les divisions qui persistent et demandant au Président d'avouer ces difficultés, permettront l'aperçu fugace et probablement fantasmé de ce que dû être son quotidien judiciaire de ces derniers mois au travers de cette réponse, ou de ce lapsus : "Avouez ? C'est comme ça que vous le prenez ?"

S'il insistera ensuite beaucoup sur la Laïcité et l’Égalité : "ils ont parfaitement le droit de vivre leur(s) Religion(s) mais les religions doivent s'adapter à la République" et prenant soin de citer les trois principaux monothéismes, il essuiera en revanche d'un revers de la main bien visible la question sur la Fraternité que lui posera Julian Bugier. En toute cohérence toujours, donc, avec son attitude précédente sur les questions économiques...

Question politique, après le credo bien connu et rôdé relatif au Front National (il ne faut pas ignorer la souffrance de ces Français là et leur proposer autre chose que la culpabilisation) il défendra nettement ses propos, jugés agressifs par de nombreux commentateurs, sur "la terrifiante médiocrité du #Gouvernement" en expliquant notamment qu'il fut en son temps comparé à Laval (par Jean-Luc Mélenchon) ou plus récemment de presque xénophobe (en fait de "légèrement xénophobe" par Jean-Christophe Cambadélis). Il terminera ses exemples d'agressivité ordinaire par cette phrase : "Savez-vous ce que c'est le quotidien d'un commerçant écrasé de charges ?" qui lui permettra de conclure : "Ce n'est pas de l'agressivité, je suis indulgent". Il aura donc tout de même, finalement, consenti par des chemins détournés à formuler un pan de sa vision de l'économie pour la France.

Concernant les écoutes téléphoniques validées, il établira un parallèle de principe avec l'affaire Bettencourt, sous entendant clairement une manipulation politique.

Bref, une gestuelle et une attitude tendant à montrer un Nicolas Sarkozy calme et tempéré, des thématiques assumées et maitrisées, ancrées à droite bien que savamment patinées d'un vernis ostensiblement Républicain (entendez justement au delà du clivage droite/gauche) mais pas de réelle vision pour la France pour l'instant.

C'est un début. C'est un peu court.
#UMP