Élection après élection, le taux d'abstention augmente. Plusieurs interprétations sont à l'ordre du jour. Certains pensent que les partis politiques sont dévitalisés, ils ne jouent plus le rôle de créateur de nouvelles idées et encore moins de projets programmatiques. Pour d'autres, les Français s'éloignent des partis politiques car ils en ont une mauvaise opinion. Dans un sondage récent réalisé par Odoxa (institut de sondage) publié par le journal Le Parisien du 14 juin 2015, 89 % des Français disent avoir une mauvais opinion des partis politiques, 76 % pensent qu'ils ne deviendront pas militants d'un parti politique. Quand on va plus loin et que l'on observe le paysage politique, il semble que le Front national domine largement le PS et Les Républicains, considérés comme des partis de gouvernement, mais qui sont incapables de lutter contre le chômage et de régénérer la pensée et les actions pragmatiques sur le terrain.


Les partis politiques continuent de mobiliser en France


Le tableau est donc dressé et le constat fait, mais quelle est la réalité de ce divorce entre Français et partis politiques ? C'est une réalité de forme et non de fond car en France, en dehors des partis politiques, point de salut pour faire avancer les idées. Les associations et la société civile n'ont pas beaucoup d'impact et encore moins de poids pour faire triompher les idées émanant de la société civile. Les mouvements politiques en Espagne structurés autour de Podemos, ou en Grèce autour de Syriza, ne peuvent exister en France. Il y a une crise de confiance entre les partis et les Français. La crise de confiance est ponctuelle et non structurelle.

Il y a des discriminations à l'intérieur des partis politiques dont les organigrammes présentent peu de femmes, peu de jeunes et peu de citoyens français issus de la diversité. Si les idéologies ont quasiment disparu, ce qui traduit en creux la crise intellectuelle au sein des partis politiques, on peut noter leur métamorphose en machine électorale pour faire gagner leur candidat. C'est vrai du PS, des Républicains, du Front National ou de l'UDI.


La société civile et les associations sont marginalisées en France


Les Français n'ont pas beaucoup d'instruments de rechange à utiliser car ils font confiance malgré tout aux partis politiques au-delà de leurs déclarations de désaffection, nous sommes dans une schizophrénie totale en France car il existe un décalage entre ce que vivent les militants et leurs déclarations de façon concrète sur le terrain. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique français, on dit que les partis politiques ne jouent plus leur rôle. C'est faux, c'est la manière d'exister qui a changé. Les débats idéologiques sont devenus moins importants, ce qui compte avant tout c'est de voter pour son candidat. De plus, on ne peut pas faire confiance aux hommes politiques qui utilisent la sous-intelligence médiatique et analytique de leurs compatriotes pour faire prospérer leur propre boutique professionnelle. Il n'y a pas de désaffection, encore moins de divorce entre les partis politiques et les Français en dépit des sondages et autres enquêtes. La relation a changé, les citoyens sont plus passifs. Ils ne deviennent actifs que lorsqu'ils endossent l'habit de militant pour faire élire leur champion, mais les partis politiques sont là et continuent de distribuer la parole pour la parole et non pour l'action et tout le monde est content.



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