En attendant les résultats définitifs des élections régionales de ce dimanche 31 mai, le parti démocratique de Mattéo Renzi est en tête avec 23,7%. Cependant, ces résultats sont plus faibles que prévu pour le parti de gauche et marquent le « premier coup d’arrêt de l’irrésistible ascension de Matteo Renzi », selon Marc Lazar, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po.

5 régions sur 7 pour le parti de Mattéo Renzi

Le parti démocratique (PD) conserverait la Toscane, les Marches et les Pouilles. L’Ombrie reste de justesse, mais c’est une semi-défaite pour cette région traditionnellement ancrée à gauche. Le gain de la Campanie (région de Naples) est peut-être une fausse victoire car le candidat élu Vincenzo De Luca (présent dans la liste noire sur la corruption), soutenu par Matteo Renzi n’est pas éligible à cause d’une condamnation. Surprise malheureuse en revanche pour le parti démocrate, la région de la Ligurie, symbole de la gauche, est passée à droite. Ce changement pointe selon Matteo Renzi la gauche du parti qui s’était écartée de la ligne de conduite. C’est dans cette optique que la comparaison avec les élections européennes de l’année dernière est rude puisque le Parti de Matteo Renzi avait reçu 40% de votes contre 23,7% aujourd’hui. A noter un début de désintérêt de l’opinion publique envers la classe politique avec un taux d’abstention en forte hausse (taux de participation 53,9%).

La droite italienne en changement

C’est surtout dur pour le parti de Silvio Berlusconi qui représente 10,7%. La non-entente des deux partis de droite (Forza Italia et la Ligue du Nord) permet à Matteo Renzi de garder une stabilité dans l’opinion publique. Car l’union des deux partis en Ligurie a fait basculer la région, bastion de la gauche à droite (Forza Italia). Matteo Salvini, leader de la Ligue du Nord (parti d’extrême droite, anti-immigration), a mis la main sans difficulté sur la Vénétie, région du Nord. Finalement sans surprise, Silvio Berlusconi est de plus en plus dépassé par son rival de la Ligue de Nord qui devient le premier parti de droite avec 12, 5%. Le leadership du « Cavaliere » est remis en cause.

Les réformes de Mattéo Renzi, son cheval de bataille

Malgré ces élections partielles, Matteo Renzi avait précisé continuer coûte que coûte les réformes en marche quels que soient les résultats. Celle de l’école est fortement contestée par les syndicats et la gauche du parti démocrate, « les frondeurs italiens » tout comme celle du marché du travail. Quant à la réforme du Sénat (réduction de ses pouvoirs) et du mode de scrutin, Matteo Renzi s’est assuré une plus grande marge de manœuvre pour la suite (en vigueur en juillet 2016) en atténuant le pouvoir des petits partis. Critiquée au sein même du Parti Démocrate, la loi conduit, selon certains, au gouvernement d’un seul homme alors qu’elle stabilise le gouvernement selon les autres.

Rien de dramatique pour Matteo Renzi, « l’autre Matteo » de la ligue du Nord est devenu son principal rival. La surprise demeure dans la réussite du parti 5 étoiles de Beppe Grillo (18,4%) mais pas de panique, rien pour l’instant n’entrave réellement le frère politique de Manuel Valls.  #Italie