La France est en train de rentrer dans la modernité (elle ne le sait pas toujours) et ce n'est pas une moquerie car ce pays continue à se comporter comme aux 18ième et 19ième siècles avec des rentes et des charges professionnelles achetées ou acquises par la naissance ou l'héritage. C'est vrai pour les huissiers, les notaires et c'est également vrai pour les taxis qui n'acceptent pas un monde où la concurrence prévaut. Dans le même temps, on peut blâmer les taxis parce qu'ils sont en nombre insuffisant le week-end et qu'ils ne sont jamais là quand on a besoin d'eux. Les taxis se mettent en colère pour une distance courte et plus encore pour une distance longue, mais il faut quand même leur reconnaitre des charges importantes liées à l'achat du véhicule et l'obtention de la licence professionnelle qui s'élève à 240 000€ à Paris et à plus de 400 000€ dans certaines villes du Sud au moment de la transaction entre deux taxis. Il faut que la population sache qu'une licence peut s'acheter très chère mais peut faire aussi l'objet d'une location. Les journées de travail sont très longues et la plupart des taxis ne roulent pas sur l'or. Les licences professionnelles profitent aux propriétaires et non aux chauffeurs.

Concernant les VTC, c'est-à-dire les véhicules de tourisme avec chauffeur, qui existaient avant l'arrivée de Uberpop sur le marché, ils échappent à la nécessité d'une licence grâce à une réservation sur internet entre le client et le chauffeur. La présence d'Uberpop vient ruiner les possibilités de marge des taxis qui sont soumis à des charges importantes. Les taxis sont soumis à la concurrence des Uberpop qui transportent des passagers sans la fameuse licence professionnelle.

Si le gouvernement, par l'intermédiaire de la loi Macron, souhaite, après le rapport Attali dont Nicolas Sarkozy avait enterré la recommandation, libéraliser le marché des taxis, un certain nombre de mesures doivent être prises en amont. Que les pouvoirs publics prennent la décision de créer les conditions pour que le paiement de la licence se fasse autrement. Qu'ils décident que la conduite d'un taxi et le transport des passagers obéissent aux mêmes règles applicables à tous. Il faut soulager ceux qui paient les licences professionnelles et mettre en place un nouveau modèle économique qui permette à tous d'être présents sur un marché dont on ne comprend ni les tenants, ni les aboutissants. Les chauffeurs de taxis affirment qu'il y a une concurrence déloyale de la part de Uberpop, ceux-ci répondent, qu'au nom de la liberté, les rentes de situation ne doivent pas exister. Sarkozy, à Droite, conservateur, favorable en principe au marché, avait enterré la proposition Attali. Hollande, à Gauche, interventionniste par excellence, s'est empressé de libéraliser le secteur. On ne doit pas se demander pourquoi les électeurs français sont souvent perdus : la plupart de leurs dirigeants sont instables idéologiquement et politiquement.

Il reste au Président Hollande et au Premier Ministre Valls de demander au Ministre de l'économie Emmanuel Macron de penser un modèle économique équitable pour les taxis et les Uberpop. #François Hollande #Entreprise