On est jamais aussi servi que par soi même. Les députés et sénateurs ont voté en 2010 un rapprochement de leur régime de retraite sur celui de la fonction publique. En fait, un fétu de paille qui a débouché sur un age minimum de départ à 60 ans au lieu de 53 et 55 ans antérieurement, et sur une réforme du taux de cotisation retraite.

Or, 60 % des parlementaires ont plus de 60 ans, et plus d'une centaine de sénateurs et députés dépassent les 70 ans. Une réalité qui justifie le débat sur la limite d'âge pour rajeunir la classe politique. Un "rafraîchissement" nécessaire, que les élus des deux assemblées ont partiellement anticipés en s'entourant d'une génération nettement inférieure à la leur, capable d'appréhender les réformes sociales et économiques que les citoyens français attendent.

Dans les cabinets ministériels, on appelle ces collaborateurs "des éminences grises". Manuel Macron, ministre des finances, propulsé sur le devant de la "scène" en est un exemple.

Alors, pourquoi les élus des deux assemblées s'insurgent contre cette limite d'age ? C'est pas très difficile à comprendre, dès lors que l'on fouille du coté de la rémunération et du régime des retraites.

Selon le journal "Sud ouest", les députés et sénateurs gagnent :

- 5515 € par mois

- 1585 € d'ndemnités

- 6412 € de frais de mandat (non soumis à l'impôt sur le revenu).

Un élu siégeant dans les deux chambres cumule les deux rémunérations.

Avant la réforme de 2010, leur cotisation au régime de retraite était la suivante :

- 1250 € par mois pour un premier mandat, 

- Double cotisation pour les 2eme et 3eme mandats, 

- 1,5 pour les suivants.

Elle est calculée aujourd'hui ainsi:

- 1,5 sur les deux premiers mandats, 

- 1,33 sur le suivant, 

- 1,25 sur ceux d'après.

Résultat: au bout d'un mandat de cinq ans, un Elu du sénat ou de l'assemblée nationale est assuré de toucher une pension de 1200 €. C'est presque la moyenne des pensions de retraite versés aux salariés du pays, qui eux, ont cotisés pendant 41 ans.

1200 € étant le minimum, le chiffre double ou triple en fonction du nombre de mandats.

C'est un régime de retraite très "alléchant", qui, en plus, est non soumis à la décote . Il est vrai qu'ils veulent travailler jusqu'à plus d'age .....

Cumul des retraites : un principe qui n'est pas particulièrement encadré par la loi, ce qui laisse la porte ouverte à un grand nombre de privilèges.

Avant d'être élus, la plupart de nos représentants exerçaient un métier, majoritairement dans la fonction publique d'état (l'enseignement par exemple). Des passerelles, plus communément appelés "détachements", permettent aux fonctionnaires de se lancer dans la politique, tout en conservant le statut et la rémunération de leur emploi. Le fait d'être élu n'altère en rien le maintien du salaire sans occupation de l'emploi.

Autre exemple : selon le magazine "Capital", Monsieur Alain Juppé (issu lui aussi de l'enseignement), touche depuis 2003 une retraite en tant qu'inspecteur général des finances. Depuis 2007, il a également fait valoir ses droits à la retraite parlementaire. Et pourtant.... il est toujours en activité, puisque élu maire de Bordeaux , il perçoit une rémunération très substancielle, eu égard à la dimension de l'agglomération

J'ai toujours entendu dire que la politique n'était pas un métier, que c'était avant tout une affaire de conviction, d'engagement et d'idéologie Oui, d'accord. D'accord aussi sur le fait que s'engager en politique comporte des risques.

Mais visiblement, si le choix des individus à s'y lancer est une priorité nationale, quelque soit les efforts et les heures demandées, l'argent est toujours le maître mot des décisions, et c'est le contribuable qui paye... #service public