L'affaire fait grand bruit dans le monde politique belge, avec l'éviction de la députée bruxelloise, Mahinur Özdemir pour ne pas avoir officiellement reconnu le génocide arménien.

Jeudi dernier, devant les caméras de RTL-TVI (télévision privée belge), la députée régionale et conseillère communale de Schaerbeek, refusait obstinément de répondre au journaliste, se faisant même déclarer malade. Mais le soir, au conseil communal, elle revenait de maladie, mais n'avait pas pour autant  l'intention de répondre aux questions des médias !

Moins de vingt-quatre heures plus tard, un communiqué de presse du cdH (Centre Démocrate Humaniste, son parti) signifiait que la députée d'origine turque était "virée" de la formation politique qui, par ailleurs, lui réclamait tous ses mandats. Qui vivra, verra !

Mahinur Özdemir estime cette exclusion injuste

Loin de se laisser impressionner, la députée clame à qui veut l'entendre, que cette exclusion est injustifiée, car elle n'a pas fauté. Sur les ondes radios, elle affirme ne pas vouloir remettre ses mandats, et trouve que : "ses électeurs se sentent manipulés".

La décision de limogeage fut prise après une convocation devant le comité de déontologie du cdH, et un refus catégorique de reconnaissance du génocide arménien. Cette dernière se retranche devant la position de la #Belgique qui, elle non plus, n'a pas reconnu ce génocide.

Mais on sait aussi, qu'en Turquie ce sujet est tabou, et passible d'emprisonnement. Fer de lance, tout comme Emir Kir (PS), de la communauté turque à Bruxelles, la jeune femme ne compte pas laisser tomber ses activités de parlementaire. Dans une interview sur Bel-RTL, elle ne ferme pas complètement les portes, en soulignant qu'une fois que la Belgique aura clarifié sa position sur le sujet, elle pourrait revoir ses dires.

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