Le politique c’est Montebourg, ancien Ministre #PS, le financier c’est Pigasse, patron de la banque Lazare, membre de cabinet de plusieurs ministres socialistes (Fabius, Dominique Strauss-Kahn), patron actuel du monde et encarté au PS.

Ils disent que la Gauche va dans le mur. François Hollande n’a pas tenu sa promesse de faire une autre politique pour la France et ils se demandent s’il est encore possible de sauver le quinquennat comme le rapporte le Journal du dimanche du 7 juin 2015. Sans nous substituer au Journal du dimanche, on peut tirer quelques éléments d’analyse des réflexions du duo qui semble hébété car il estime que la Gauche va vers le désastre.

Le politique et le financier estiment que Hollande a perdu trop de temps. Au lieu d’augmenter les impôts, il aurait fallu les baisser et provoquer ainsi une politique de relance par la consommation qui aurait entrainé des investissements internes de la part des entreprises. La politique menée par Hollande et le Parti socialiste a été contra cyclique car elle a imposé et renforcé l’austérité. On peut noter que le financier et le politique construisent une ligne intellectuelle différente de celle du Parti socialiste qui se contente de suivre les recommandations du traité budgétaire de 2012, c'est-à-dire la position allemande qui met au cœur de sa politique économique la lutte contre les déficits grâce à des excédents , tant sur le plan du commerce extérieur que sur celui de la baisse des dépenses publiques.

Sans être partisan du duo, on peut noter que la politique économique de François Hollande et du Parti socialiste est incompréhensible. Elle met l’accent sur l’offre en introduisant le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui permet aux entreprises d’améliorer leur compétitivité grâce au financement des investissements productifs et d’innovation (recherche). Le gouvernement de Hollande a supprimé en arrivant aux affaires la défiscalisation les heures supplémentaires mise en place par Nicolas Sarkozy. Le gouvernement est aussi revenu sur les baisses de cotisation décidées par l’ancien Président. Nous sommes donc dans une espèce de politique économique illisible et dont on ne voit pas l’issue.

Au-delà de la charge politique et symbolique, il faut noter que Montebourg et Pigasse appellent Hollande à changer de cap politique grâce à une politique de relance. Que l’on nous permette à ce niveau d’être en désaccord car sans politique industrielle de fond, sans stratégie crédible sur les nouvelles productions liées à la nouvelle économie de l’environnement et du climat, sans analyse approfondie des nouvelles structures de consommation de biens et de services voulues et attendues par les Français, toute politique de relance par la consommation est vouée à l’échec. La trop longue habitude de la relance économique par la demande de consommation et d’investissement après la seconde guerre mondiale maintient la France la tête sous l’eau dans un paysage qui valorise la mondialisation et donc les structures de l’offre différenciées et asymétriques compte-tenu de la taille des pays. On utilise les avantages compétitifs que l’on peut, encore faut-il sortir de l’analyse économique globale et réfléchir à partir du territoire pour mieux affronter l’extérieur, c'est-à-dire la mondialisation. On parle de l’offre en France sans s’attaquer aux contraintes qui la limitent dans la compétitivité et pour lesquelles il faudrait faire des réformes portant sur le marché du travail (embauches, licenciements, durée du travail, passage de façon non homogène au-delà des 35 heures, réforme de la fiscalité et du temps de travail journalier, hebdomadaire, mensuel, trimestriel, semestriel ou annuel).

Montebourg et Pigasse ont gâché la fête des militants PS en obligeant le Parti à introduire leur philippique dans la communication politique de Valls et du Premier Secrétaire Cambadélis. Il reste à l’homme politique et au financier à proposer un tableau économique qui tienne la route. Si ce n’est pas le cas, leur philippique disparaitra dans le flot permanent d’une communication politique oiseuse comme nous habituent les partis politiques en France.