Durant la nuit du 8 au 9 avril dernier, la commune de Mitry-le-Neuf a connu quelques heures pénibles. En effet, une vingtaine de voitures avaient été incendiées provoquant des émanations toxiques et des dégâts sur les habitations avoisinantes.

Adrien Desport, ancien numéro 2 de la Fédération représentant le #Front National de Seine-et-Marne, s'était alors empressé de communiquer sur ces faits via son blog et les réseaux sociaux pour dénoncer le sentiment d'insécurité omniprésent dans certains quartiers.

Alimentant alors le discours ultra-sécuritaire pour le lequel milite son parti, il s'était même vanté d'avoir assisté les forces de l'ordre lors de ces événements: "Cette semaine a été riche en événements tragiques. Au sein de notre quartier, Mitry-le-Neuf, 20 véhicules ont été incendiés et les émanations ont touché certaines habitations. Entre 23h et 4h du matin (Dans la nuit du 8 au 9 avril 2015, ndlr), les secours ont dû faire appel aux renforts des communes voisines et des services de secours départementaux afin de juguler cette traînée de poudre qui a ravagé certaines de nos rues. Aucun suspect n'a été interpellé. Le soir même, un des véhicules a brûlé en face de mon domicile et avec quelques collègues frontistes, nous avons essayé par nos propres moyens d'assister les forces de l'ordre dans leurs recherches ayant moi-même vu le pyromane avec une voisine". C'est en ces termes qu'Adrien Desport adressait alors un communiqué aux habitants de Mitry-Mory.

Dénoncé par d'autres membres du Front National

C'est un autre militant du FN qui a déposé plainte auprès du commissariat de Nanterre, soupçonnant le jeune frontiste ainsi que trois de ses connaissances d'avoir commis ces actes. Ils comparaissaient ce mercredi en fin de journée au tribunal correctionnel de Meaux pour destruction volontaire par incendie en bande organisée, dégradation volontaire de bien privé et dénonciation de délit imaginaire. Car ils sont aussi accusés d'avoir tagué le véhicule d'un autre membre de leur parti dans une commune du Val d' Oise, ainsi que de la dégradation d'une boîte aux lettres, un portail et une sonnette d'un membre du Front National en Seine et Marne.

Règlements de comptes entre frontistes

Ces règlements de compte entre militants se déroulaient vraisemblablement après certaines de leurs soirées festives alcoolisées et où la cocaïne circulait librement. Ils dénonçaient ensuite ces actes de vandalisme pour démontrer l'insécurité rencontrée dans certaines communes.

Le parti de Marine Le Pen, après plusieurs plaintes par d'autres membres à l'encontre des quatre compères, aurait pris les devants en suspendant Adrien Desport de ses fonctions durant une quinzaine de jours, et avoir alerté la police de ces soupçons afin qu'une enquête soit menée. Se dédouanant de ces faits, le secrétaire général du parti affirme que le militant avait déjà posé quelques soucis par le passé. "Nous savions qu'il était un peu instable psychologiquement", ajoute-t-il.

Un militant posant problème, à qui on donnait des responsabilités

Malgré ces "quelques soucis" reconnus par les hautes sphères du Front National, le jeune militant s'était vu confier le rôle de candidat remplaçant lors des élections départementales du canton de Villeparisis, de secrétaire départemental du SIEL et de membre du bureau politique FN de Seine-et-Marne. Il avait reçu la médaille de la Flamme d'Honneur par Jean-Marie et Marine Le Pen en 2014.

Bien connu des services de police pour le dépôt d'une dizaine de plaintes

Aujourd'hui, le parquet met en doute la véracité d'une dizaine de plaintes qu'Adrien Desport aurait déposées sur des faits de menaces et d'agressions à son encontre et celle de ses proches. Adrien Desport ainsi que les trois jeunes gens, âgés respectivement de 21 à 26 ans, membres de la Fédération du parti du Val d' Oise, ont reconnu avoir commis ces actes afin de dénoncer l'insécurité et ainsi promouvoir les idées du Front National.