Après le premier passage en force en février, les 237 heures de lecture, voire plus, et les 2 000 amendements, le Premier Ministre Valls a décidé d’engager la responsabilité du gouvernement pour favoriser l’adoption sans vote du projet de loi Macron. Ce pragmatisme institutionnel passe par l’application du 49-3 quitte à en « routiniser » l’application.

Cette façon de faire soulève une levée de bouclier de la part des députés Les Républicains, dont le patron, Christian Jacob, estime que le gouvernement est en dessous de tout et que le Premier Ministre agit de façon autoritaire. Christian Jacob a décidé de saisir le Conseil constitutionnel et néanmoins de poser une motion de censure, même s’il sait que celle-ci n’a aucune chance d’aboutir et donc de renverser le gouvernement.

Une fausse opposition Droite/Gauche vis-à-vis de la loi Macron

A Gauche et au Parti socialiste (et pas seulement au sein de la Gauche frondeuse), on estime que le 49.3 est un échec collectif qui signe l’aveu de faiblesse du gouvernement. Le Président de la République, François Hollande, espère l’adoption du texte avant le 14 juillet. Cet empressement de l’exécutif traduit une forme de lassitude face à une assemblée qui pense plus à la « discutation » inutile au sens hégélien du terme, sans résultat réel. Le Premier Ministre estime qu’il est temps de passer au pragmatisme et de dépasser les attentes et les conversations inutiles autour du projet de loi Macron. La société française attend les réformes, si minimes soient-elles, et Valls force l’allure. Que ceux qui prétendent arriver aux affaires en 2017 en prennent de la graine.

Certains socialistes estiment que #Manuel Valls s’éloigne de la Gauche. C’est le point de vue de l’ancienne Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, qui pense que l’esprit de Poitiers n’y est pas et que le Parti socialiste est dans les convenances politiques. Cette loi Macron vise à déverrouiller le fonctionnement de l’économie française et à mettre à bas un certain nombre de comportements de rente. La loi Macron aurait pu être produite par la Droite qui, pour des raisons de positionnement idéologico-politique, préfère la critique alors que certains députés Les Républicains approuvent cette loi sous le sceau de l’anonymat.

Le 49-3 a été largement utilisé à Gauche sous la Vième République pour faire adopter des textes urgents pour la République

Michel Rocard, en tant que Premier Ministre socialiste, a utilisé 13 fois le 49-3, Edith Cresson 8 fois et Manuel Valls 2 fois. Les Socialistes idéologues dans l’âme, incapables de voir le monde qui change et l’économie qui se transforme, préfèrent les discussions interminables diurnes et nocturnes pour valoriser leurs positions de frondeurs au sein du Parti. Quoique l’on dise de Manuel Valls, il assume la confrontation entre la Gauche gouvernementale et l’autre partie de la Gauche frondeuse qui pense être méprisée par le premier Ministre.

Que l’opposition soit cohérente en matière de réformes économico-sociales en cas d’alternance

Les Républicains estiment que le gouvernement passe en force car il n’a plus de majorité. C’est bien de le dire quand on est dans l’opposition, mais on aurait aimé, quand elle était aux affaires, qu’elle assumât complètement ses positions, comme la renégociation des 35 heures-voire leur disparition-, ce qu’elle n’a pas fait. C’est bien pour l’opposition de hurler au loup, mais il faut être courageux pour transformer réellement la société et l’économie française quand on est aux affaires. Attendons de voir en 2017, si la Droite et le Centre l’emportent.