Dans le journal Libération du mardi 16 juin 2015, Laurent Joffrin, directeur de la publication et de la rédaction, demande à Nicolas Sarkozy dans son édito de renoncer au funeste projet sur le droit du sol car, pour le journaliste, le droit du sol est promoteur de la diversité et du vivre-ensemble hérité de la Monarchie, restreint sous l’Empire et propagé sous la République. Dans le même journal, Yves Jégo, député UDI et ancien Ministre de Nicolas Sarkozy, déclare que Nicolas Sarkozy court derrière le Front National er qu’il est obsédé par la Primaire. C’est pour cette façon que Sarkozy entretient un faux-débat à propos du droit du sol. Sans désigner directement Nicolas Sarkozy, Jégo estime que « ce n’est pas en devenant le Front national, que l’on combat le Front national » (page 11, Libération du 16 juin 2015).

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Nicolas Sarkozy a le droit d’ouvrir tous les débats, même ceux relatifs à l’identité française.

Le Président Sarkozy s’exprime sans tabou à propos du droit du sol et il estime que c’est une question qui doit être ouverte alors que, pour le Premier Ministre Valls, c’est une non-question. Si Nicolas Sarkozy pense que c’est une question qui peut se poser, il n’est pas inutile de se demander pourquoi cette question se pose maintenant. Il faut se rappeler que de 2007 à la fin de son mandat en 2012, le Président Sarkozy était toujours favorable au droit du sol et il avait répondu lors de la campagne de 2012 à Marine le Pen, qui proposait la suppression pure et simple du droit du sol, que celui-ci représentait la France. Pourquoi maintenant ce virage du Président de « Les Républicains » ?

Quelle est la stratégie du Président Sarkozy en ouvrant le débat sur le droit du sol ?

Le Président Sarkozy a le droit de parler de tous les thèmes relatifs à la République comme ceux de l’#Immigration et de l’intégration. Les migrations actuelles des populations venant d’Afrique, de Syrie ou de Libye qui s’échouent sur les côtes italiennes, maltaises ou françaises, introduisent de l’incertitude et un malaise vis-à-vis des populations locales dont françaises. Sans revenir à la réprobation conjointe de l’éditorialiste Joffrin et l’ancien Ministre sarkozyste Yves Jégo, on peut se demander pourquoi Nicolas Sarkozy remet sur la table la question fondamentale du droit du sol ou droit du sang. Le droit du sang est réglé car, dès lors que l’un des parents est français, l’enfant est français. Le droit du sol fait l’objet de débat pour les enfants nés de parents étrangers sur le sol français.

Pourquoi l’ex Président remet-il sur la table la question du droit du sol ? On sait tous que la question actuelle des migrations doit trouver une réponse européenne et non pas seulement française. Le débat que le Président Sarkozy met en place risque de devenir inaudible car, dans le cas des migrations qui affluent en Europe, la réponse n’est pas française mais européenne et que l’Europe est en train d’échouer dans ce domaine. Il y a une réflexion à approfondir de la part du Président de « Les Républicains » sur la manière de recenser l’origine des migrations, sur les moyens européens politiques et militaires d’empêcher celles-ci vers l’Europe, sur l’organisation territoriale de traitement de ces migrations quand elles sont en Europe. Le Président Nicolas Sarkozy doit prendre une initiative sous forme de conférence pour donner son point de vue sur les solutions éventuelles à apporter à ce problème. Le Président Sarkozy doit communiquer politiquement.

Acquisition de la nationalité française à partir du droit du sol au du droit du sang

L’ancien Président de la République a le droit de poser la question concernant le droit du sol et d’organiser une convention sur ce thème en restant équilibré dans l’analyse et dans les conclusions. L’impression qui est donnée est que le Président Sarkozy suit les éléments de langage du Front national. C’est la thèse de Yves Jégo. Il faut ouvrir un large débat sur la conception de l’acquisition de la nationalité française à partir du droit du sol ou du droit du sang. Il reste au Président Sarkozy d’organiser méthodiquement l’ouverture de ce vaste débat droit du sol/droit du sang.