Le PDG du groupe français Orange s'est exprimé de façon très maladroite sur les liens avec l'opérateur israélien Partner mercredi dernier. Des propos qui ont véritablement soulevé une tempête... 

La déclaration du 3 juin

Depuis 5 ans, Stéphane Richard, PDG d'Orange, doit répondre chaque année à un collectif d'ONG et d'associations (dont notamment la Ligue des Droits de l'Homme) qui lui demande de rompre ses relations d'affaires avec l'opérateur de téléphonie Partner en #Israël. Lors d'une conférence de presse le 3 juin dernier au Caire, il a déclaré: "Notre intention est de nous retirer d'Israël. Cela va prendre du temps, mais nous allons certainement le faire".

Du 3 au 7 juin: les conséquences

Cette déclaration a immédiatement suscité des réactions considérables. Les associations et ONG, après avoir remarqué et salué la déclaration, doivent maintenant déchanter, tant les mises au point et autres excuses s'accumulent.

Stéphane Richard a en effet expliqué qu'Orange ne devait pas quitter Israël mais simplement annuler son contrat de licence avec Partner, présenté des excuses, déclaré qu'il aimait Israël, clamé qu'Orange avait vocation à rester dans ce pays, avant finalement d'être invité par le premier ministre Benyamin Netanyahou à venir s'expliquer en personne, en Israël. Tout ceci entre le mercredi 3 juin et le dimanche 7 juin 2015. Et précisément avant la visite de #Nicolas Sarkozy à la conférence d'Herzliya les 8 et 9 juin 2015.

Or Stéphane Richard fut directeur de cabinet des ministres de l'économie Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde entre 2007 et 2009 sous la présidence justement de Nicolas Sakorzy.

Un agenda politique qui phagocyte de fait la question palestinienne

De la même façon que les partis politiques américains utilisent la question du terrorisme de façon électoraliste, on peut se demander si les Républicains ne font pas de même avec la question palestinienne.

En effet sous la présidence de François Hollande, la France a commencé le parcours législatif permettant à l'exécutif de reconnaître les territoires palestiniens comme un État à part entière.

Stéphane Richard, adhérent de l'ex-UMP, directeur de cabinet d'un ministère incontournable sous deux ministres différents, eux-mêmes sous la présidence de Sakorzy, ne peut ignorer les conséquences de ses paroles à trois jours de la visite de cet ex-président et candidat au même poste.

Par ailleurs François Hollande ne peut agir avec force sans mettre en porte à faux le projet de reconnaissance d'un État palestinien porté par sa majorité et se contente d'un appel téléphonique à Benyamin Netanyahou ce dimanche 7 juin pour rappeler son opposition au boycott des produits d'Israël.

Il laisse ainsi le champ libre, devant un public conquis d'avance, à Nicolas Sarkozy - dont il faut rappeler que sous sa présidence, le ministère de la Justice, et sa ministre Michèle Alliot-Marie, a par la circulaire du 12 février 2010, rendu criminel l'appel au boycott des produits d'un pays en l'assimilant à de la discrimination envers la nation du dit pays.

Quoi qu'il dise Nicolas Sarkozy sera celui qui a fait quelque chose et François Hollande celui qui est coincé. C'est un très beau coup politique. Ce n'est qu'un coup à accuser pour ceux qui défendent la cause palestinienne.
#Palestine