D'après l'expert en géopolitique, John Schindler, l'été 2015 sera marqué par une guerre importante. Reprenant une information d'un officiel de l'OTAN et en ajoutant qu'avec chance [cette guerre] ne sera pas nucléaire.

En effet lorsque nous regardons les informations à la télé, sur internet ou encore à la radio, nous ne pouvons que conclure que le monde où nous vivons est un endroit de plus en plus dangereux? Analyse.

De la Polarité du système international

Le système international est modelé en fonction des pôles de puissance. Lors du XIXème siècle, le système international était multipolaire et dépendait des grandes nations européennes : France, Grande Bretagne, Prusse, Autriche et Russie. Après la Seconde Guerre Mondiale, il était bi-polaire avec les USA et l'URSS. Après la Guerre Froide, celui-ci était unipolaire avec pour seule et unique puissance, les USA.

Francis Fukuyama avait même pensé que l'on rentrait dans la fin de l'histoire car la démocratie libérale et capitaliste avait vaincu tous ses adversaires mortels. Mais depuis 2008 et les crises des subprimes et de l'euro, ou encore par le fait que les #Etats-Unis reconnaissent qu'ils ne peuvent pas gagner la guerre en Afghanistan ni rétablir une situation calme en Irak, une question se pose. Dans quelle type de système international vivons-nous ?

A mon avis, nous assistons à la naissance d'un système bipolaire non pas bipolaire entre deux nations qui domineraient la planète mais plutôt deux grands ensembles géopolitiques. D'une part les Occidentaux, c'est-à-dire, les Etats-Unis et l'#Union Européenne et d'autre part les BRICS, désignation qui regroupent le Brésil, la Russie, l'Inde, #Chine et l'Afrique du Sud. On pourrait résumer cette confrontation comme l'ancien monde contre le nouveau monde. Mais chacun de ces camps connaissent des avantages et des inconvénients en terme de puissance.

L'Occident: Agissons ensemble mais pas trop quand même

Tout d'abord, les Etats-Unis et ses alliés européens ont de grandes capacités en terme de puissance militaire et de complexes militaro-industriels et possèdent les économies les plus solides de la planète. Les Etats Unis, la France et la Grande Bretagne ont les forces armées les plus puissantes du monde avec des capacités de projections et technologiques hors pairs qui leur donnent un atout important en cas de guerre conventionnelle.

Mais la grande faiblesse de ce bloc réside en son incapacité à parler d'une seule voix. En effet, lorsque l'un des pays de ce bloc veut partir en guerre, la plupart de ces pays ne participent pas aux combats. En 2003, par exemple, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont partis en guerre alors que l'Allemagne et la France étaient contre. En 2010, la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis sont partis combattre en Libye, sans le concours de la plupart des armées européenne. En 2012, la France est partie seule au Mali avec un soutien plus que limité des puissances européennes. Enfin depuis 2014, la France bombarde l'Etat Islamique au côté des Etats-Unis alors que l'Union Européenne est encore une fois absente.

Ensuite, la diplomatie de ce bloc est illisible. En effet, les Etats Unis sont hésitants, ne savent pas où guerroyer. Et depuis le début des années 2010, Ils ont repositionnés leurs armées du Moyen-Orient vers le Sud Ouest asiatique, considérant la mer de Chine comme le plus grand des enjeux mais tout en continuant de bombarder la Syrie.

Mais tout cela n'est rien comparé avec la cacophonie européenne. L'UE n'a toujours pas réussi son pari de devenir un acteur majeur dans le système international. Depuis le 1er décembre 2009, l'UE s'est doté d'un Président du Conseil européen et d'un ministre des affaires étrangères afin que l'UE parle d'une seule voie dans la diplomatie mondiale. Mais qui a entendu parler d'un succès de Van Rompuy ou de Ashton ? Et surtout qui a déjà entendu parler de Frederica Mogherini, en poste depuis le 1er décembre 2014 ?

Alors que l'Europe connait une guerre en Ukraine. L'Union Européenne n'arrive pas à faire face alors qu'elle est responsable de cette crise. Et encore une fois, ce sont les diplomaties européennes et non celle de l'Union Européenne qui essayent de sortir de ce marasme; comme nous l'a montré la conférence de Minsk, en février 2012, où ce sont la France, l'Allemagne, l'Ukraine, la Russie et le Belarus qui ont trouvé un accord et pas un seul signe de Tusk et Mogherini.

Les BRICS: vers un autre ordre mondial

La force des BRICS vient du fait que ces pays connaissent des économies en forte croissance. Mais cette force est aussi leur plus grande faiblesse car leurs économies sont souvent basées sur des hydrocarbures et donc fragiles, car ces pays n'ont pas d'autres moyens de croissance dans l'avenir.

De plus ils se réunissent souvent afin de prendre des décisions communes. Comme lors de la création d'un fond commun de réserve de change afin de faire face à des crises économiques dans leur espace mais surtout afin de concurrencer le FMI, organisme qu'ils considèrent comme déstabilisant pour les pays qui en ont le plus besoin. Cette décision résume leur idéologie commune qui est de créer un nouvel ordre mondial ou du moins de concurrencer l'Occident.

En outre nous devons prendre en compte les populations vivant à l'intérieur de ces pays « continent ». En effet il existe 179 nationalités et groupes éthiques en Russie, 56 nationalités en Chine, 860 langues en Inde, Ces chiffres montrent à quel point ces pays ne sont pas éthiquement unis et donc fragiles. Une majorité ethnique peut écraser une minorité comme c'est déjà le cas entre le Tibet et la Chine, cette dernière refusant reconnaître une quelconque autonomie politique à la première en raison de leur différence religieuse.

Mais comme le bloc occidental, les BRICS ne parlent pas d'une seule voie et préfèrent suivre la plupart du temps des négociations diplomatiques bilatérales. Cela s'explique par le fait que leur relative nouvelle puissance économique leur impose des liens économiques forts avec les pays occidentaux. Pour Gazprom, l'Europe est son premier client. Grâce à l'outsourcing, la Chine et l'Inde sont devenus les ateliers du monde avec une spécialisation de plus en plus importante dans les sciences informatiques.

Une confrontation trop directe entre ces deux blocs n'aurait que des incidences néfastes. On peut prendre pour exemple, les sanctions économiques européennes envers la Russie. Qui en souffrent le plus? Le Moscovite qui ne va pas pouvoir manger du fromage ou boire du vin français pendant un temps ou les producteurs européens qui voyaient en la Russie, un marché important, pour leurs exploitation?

L'Union Européenne a déjà perdu plus de 21 millions d'euros depuis le début des sanctions contre la Russie. Cela montre à quel point ces économies sont interdépendantes.