La France est un pays extraordinaire. Au nom d’une #Agriculture productiviste, on a demandé aux éleveurs de s’endetter et de produire en grande quantité afin que le marché français soit autosuffisant en viande. C’était la belle période de la communauté économique européenne naissante qui permettait à l’Europe d’être un grand producteur pendant que les autres pays dans le monde étaient consommateurs. La filière actuelle de la viande connait des difficultés à cause des comportements ni patriotes, ni civiques des acteurs de la filière (transformateurs, industriels et surtout la grande distribution) qui se font des marges élevées sur le dos des éleveurs.

L’ouverture de l’Union européenne n’est pas responsable des difficultés des éleveurs français.

L’ouverture de l’Union européenne à la concurrence extérieure n’a pas modifié la position dominante des éleveurs français car 70% de la viande consommée en France (porc, bovin, volailles, etc) est produite en France, 22% vient de l’Union européenne, essentiellement de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark et de l’Espagne. 8% seulement vient du reste du monde. Le problème des éleveurs français n’est pas lié à une absence de compétitivité qui serait dû à une ouverture intempestive des marchés français, mais essentiellement aux conditions de rémunération des producteurs par les industriels de la viande et la grande distribution.

Les industriels, les transformateurs et la grande distribution sont les principaux responsables.

Le problème français est incroyable car, à la différence du modèle allemand où les éleveurs sont payés à leur juste prix, ce qui leur permet de couvrir leurs frais de structure (bâtiment, outillage) et les remboursements de crédit tout en se rémunérant correctement, les éleveurs français pâtissent de la confiscation de leurs revenus à cause de la gourmandise des industriels de la viande et la grande distribution. Ceux-là ne paient pas le juste prix, se comportent en rentiers et n’améliorent pas la rémunération des éleveurs dont certains sont dans une situation difficile en raison du prix de la viande de porc et de bœuf inférieur au coût de production. De nombreuses fermes françaises sont en difficulté. Selon Monsieur Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture et porte-parole du gouvernement, entre 22 000 et 25 000 exploitations sont dans une situation difficile. Pour Xavier Belin, le Président de la FNSEA, 400 exploitations porcines sont aux bords du dépôt de bilan dans l’ouest de la France.

La communauté nationale doit se mobiliser pour aider les éleveurs.

On a demandé aux agriculteurs d’être productivistes, il faut que la communauté nationale s’organise pour payer le juste prix, c’est vrai des consommateurs français qui doivent mettre la main à la poche en recherchant les viandes labellisés Made in France, c’est vrai de l’Etat qui doit réorganiser les filières agricoles et d’élevage, c’est vrai de la grande distribution et des industriels de la viande qui doivent être moins gourmands en acceptant d’augmenter de quelques centimes par kilo le prix de la viande payé aux éleveurs. Si les acteurs de la filière (transformateurs, industriels, grande distribution) ne montrent pas leur engagement réel, il faut les y contraindre par des sanctions ou une nouvelle réglementation.

Le Président Hollande a lancé un appel à la grande distribution, ce n’est pas suffisant, il faut que toute la communauté internationale se mobilise pour sauver nos éleveurs. Nous sommes tous contents quand à table nous avons de la viande dans nos assiettes, nous devons renvoyer l’ascenseur en acceptant de payer un prix plus élevé. Les éleveurs ne demandent pas l’aumône, ils souhaitent simplement que leur cri soit entendu par tous les citoyens. C’est un acte civil que d’aider des éleveurs en difficulté. Il reste à l’Etat, sans se substituer aux acteurs, d’organiser avec eux et de manière stratégique les problématiques de production, de désendettement et de compétitivité.

#François Hollande