Les populations européennes ont raison de faire confiance à l’#Union Européenne et à la zone euro. Malgré l’imminence des questions traitées concernant la #Grèce, la souveraineté populaire vient de triompher des marchés. L’ancien Ministre des finances Varoufakis, économiste et spécialiste de la théorie des jeux, vient de démissionner de son poste ministériel pour laisser les mains libres à son ami Tsipras.

La place historique de la souveraineté en zone euro

Grâce à la souveraineté populaire, la Grèce vient de marquer un point historique fort important. Les peuples ont droit au chapitre monétaire et financier de leur pays, même si ces peuples ont en partage la monnaie avec d’autres. C’est le cas de la Grèce et de l’euro. Maintenant que chaque partie a montré sa capacité de parler plus haut et plus fort, il faut revenir à l’essentiel. L’essentiel est en trois points.

1. L’évolution des fonctions de la banque Centrale européenne.

La Banque Centrale, avec l’expérience grecque, vient d’avoir un rôle nouveau qui est celui d’être le prêteur en dernier ressort aux banques grecques qui sont en panne de liquidités et en défaut de paiement. Ceux qui pensaient que la Banque Centrale de façon libérale n’avait que des fonctions d’émetteur de pièces et de monnaie, et de contrôle des prix, se sont trompés. Il y a une évolution des fonctions interventionnistes de la Banque centrale européenne qui après de nombreuses critiques a dû adopter la politique du quantitative easing, politique qui consiste à mettre à la disposition des banques centrales nationales des crédits qui financent les systèmes bancaires locaux. La technique américaine est différente de celle utilisée par la Banque Centrale européenne mais l’objectif est absolument le même. Le problème pour la Grèce est qu’elle doit se déshabituer de cette politique interventionniste de la banque Centrale pour retrouver des marges de manœuvre économiques.

2. La zone euro dans aider la Grèce en compétences humaines pour organiser des services de fiscalité

Pour retrouver des marges de manœuvre économique, Tsipras doit négocier avec ses collègues européens sur les réformes à faire en priorités (fiscalité, TVA, etc.). Sur ces points la Grèce doit exiger que ses partenaires mettent à sa disposition des cohortes de fonctionnaires européens pour l’aider à construire un système fiscal digne de ce nom. L’argent ne suffit pas, c’est d’abord une organisation économique, bancaire et financière que l’on doit exiger des grecs. Il faut que la Grèce fasse des propositions crédibles, annonce le Président Hollande en compagnie de Merckel. On croit rêver : mais de quelles propositions s’agit-il alors que la maison grecque brûle ? On sait qu’il y a une division entre les pays de la zone euro. Les petits pays comme la Slovaquie estiment qu’il n’y en a que pour la Grèce et que cela suffit. Certains politiques, comme Valéry Giscard d’Estaing, proposent un modèle de sortie temporaire de la Grèce pour lui permettre de régler ses problèmes, ce qui se traduirait par une dévaluation de l’euro-drachme avec une inflation forte qui aurait pour effet de diminuer une partie de la dette. Ce modèle politique est peut-être séduisant mais difficilement acceptable par les autres pays européens. De plus, ce n’est pas le mandat que les Grecs ont donné à Tsipras.

3. Il faut renégocier la dette avec les partenaires européens sur une longue période.

Le dernier point porte sur la renégociation de la dette. Il faudrait une période de 20 ou trente ans pour que la dette grecque soit soutenable. De toutes les façons, les banques allemandes et françaises sont aussi en partie responsables de l’endettement abyssal de la Grèce.

Il ne faut surtout pas mélanger les trois chemins de la feuille de route.

Au total, il y a là une feuille de route avec trois chemins qu’il ne faut pas mélanger. Le faire, c’est conduire la Grèce à ne jamais sortir de la situation dans laquelle ils se sont eux-mêmes mis, mais qui a été aussi favorisée par le trucage des comptes de la banque américaine Goldman-Sachs. Pour une fois la souveraineté déborde la règle, mais ceci a un coût politique, social, humain pour le peuple grec.