Un débat est en train de naître autour de l’initiative de la ville de Paris de faire du jeudi 13 août 2015 une journée culturelle au cours de laquelle la ville de Tel Aviv serait l’invitée de Paris Plage sur les quais de Seine. Comme tout ce qui concerne #Israël, la #Palestine et les Proche et Moyen Orients est toujours très compliqué, un débat est en train de naître sur les réseaux sociaux sur l’utilité ou non de faire de Tel Aviv l’invitée de référence. Dépassons les peurs et essayons de comprendre. Jean Cocteau disait : la compréhension, c’est le travail, la peur c’est la paresse.

 

Oui sur le plan humain.

 Tel Aviv doit être l’invitée de Paris, mais les aspects culturels de cette invitation ne peuvent pas faire disparaitre les drames humains que vit le peuple palestinien chaque fois qu’il y a conflit. Par sa supériorité militaire Israël inflige des dommages directs et collatéraux aux territoires palestiniens concernés. Récemment il y a 2000 morts à Gaza et de nombreuses destructions. Mais Tel Aviv n’est pas responsable de la politique de l’Etat d’Israël. Les populations israéliennes sont aussi concernées quand il y a conflit car elles craignent des représailles très fortes de la part des combattants palestiniens. Il ne s’agit pas d’établir une balance entre les morts. La résolution du conflit ne dépend pas de la ville de Tel Aviv mais d’un plan global qui permet de résoudre le conflit.

 

Oui sur le plan politique.

Le Maire de Tel Aviv est travailliste et s’oppose de manière assez ouverte à la politique de Netanyahou. Tel Aviv est une ville cosmopolite et culturellement engagée pour le progrès social et pour l’acceptation de l’autre. Aux Proche et  Moyen Orients  et au nom des valeurs et des droits individuels, Tel Aviv facilite la tenue de la Gay Pride sans le moindre incident. Sur le plan culturel, la cuisine, les arts, la musique de cette ville  apprennent beaucoup sur ce que seront peut-être demain les nouveaux habits d’Israël une fois la paix retrouvée. Alors, évidemment, on peut comprendre que les conflits entre Palestiniens et Israéliens qui durent depuis de nombreuses années cristallisent les positions et installent la peur de chaque côté. Il y a eu l’apartheid en Afrique du Sud et, sans mettre au même plan le conflit israélo-palestinien et la situation en Afrique du Sud, on peut noter que la fin de la ségrégation raciale a été rendue possible grâce à des hommes et des femmes sud-africains blancs et noirs qui, en tant qu’artistes, ont su valoriser à l’extérieur la culture arc-en ciel que Mandela a fécondé au moment de construire la nouvelle Afrique du Sud.

 

Oui sur le plan géopolitique.

Israël doit prendre sa place aux Proche et  Moyen Orients  en initiant des politiques d’ouverture en direction des autres partenaires arabes autres que l’Egypte ou la Turquie. L’Iran est revenu grâce au nucléaire civil à la table de négociation avec les Etats Unis qui est le partenaire privilégié d’Israël. Obama quitte les affaires. On sait que ses relations avec Netanyahou ne sont pas au beau fixe, mais la politique américaine aux Proche et  Moyen Orients  ne se résume ni à Obama, ni à Netanyahou. Derrière la culture, la géopolitique n’est jamais loin. Il faut espérer que les politiques français utilisent cet évènement pour faire passer des messages de compréhension et la compréhension c’est le travail, redit Cocteau, un travail qui sera très long pour qu’Israéliens et Palestiniens aboutissent à la concorde. Ce n’est pas impossible mais ce sera pénible et difficile car les extrémistes dans les deux camps vont faire régner la peur et, comme le disait encore Cocteau, la peur c’est la paresse

http://fr.blastingnews.com/international/2015/07/accord-sur-le-nucleaire-iranien-israel-ne-doit-pas-avoir-peur-mais-rester-vigilant-00477471.html

.http://fr.blastingnews.com/international/2015/06/sarkozy-en-israel-invite-d-honneur-de-la-conference-d-herzliya-00426951.html #Paris culture