Les sociétés modernes deviennent de plus en plus individuelles, ce qui est paradoxal car, par définition, la société est une collectivité d’hommes et de femmes. Malheureusement la crise économique, la pauvreté et le chômage ont introduit des peurs qui favorisent le chacun pour soi. Les notions de l’autre différent de soi mais complémentaires sont abandonnées au profit du soi et de l’entre-soi. Cocteau disait : la compréhension, c’est le travail, la peur c’est la paresse. Essayons de comprendre ce qui s’est passé dans le Thalys Amsterdam-Paris pour que la peur et la paresse disparaissent un jour dans des cas identiques.

 

L’individualisation des sociétés ne supprime pas l’action collective

 

Un  de nos compatriotes encore à l’hôpital, trois jeunes américains et un britannique ont dépassé leur moi et sur-moi pour se projeter dans la défense de l’idée de l’autre. Cet autre, ce sont ces individus anonymes de la rame du Thalys Amsterdam-Paris qui auraient péri sans le courage et le patriotisme de ces citoyens du monde. En France, on se gausse trop souvent du patriotisme américain. Nous sommes au pied du mur, nous constatons les effets bénéfiques de ce nationalisme républicain de bon aloi. Etre patriote aux Etats Unis a du sens, c’est défendre l’idée nationale du territoire et des valeurs américaines, à savoir en priorité la liberté et la morale. Les jeunes héros américains du Thalys ont administré à la vieille nation française que nous représentons les notions d’action, de mobilité, de courage et de modestie.

 

Le courage, l’éthique positive ont été deux facteurs décisifs dans le déclenchement de l’action des héros du Thalys.

 

Il faut saluer aussi un de nos compatriotes qui a risqué sa vie. En décorant les héros du Thalys de la légion d’honneur, le Président Hollande montre que le courage a du sens, que la vie en collectivité ne fait pas disparaitre l’individualisme et, comme toujours dans notre pays, nous copions mal ce qui nous vient des Etats Unis surtout lorsque nous pensons que l’économie de marché prime sur le reste. Le marché est fondé sur l’utilitarisme, le profit et l’individualisme or nous oublions trop souvent en France que le marché ne peut fonctionner que dans un échange avec l’autre. Cet échange est validé par le contexte social, par l’existence de l’autre avec ses émotions, avec son regard différent. Le marché en tant qu’institution ne dissout pas la vie sociale. Bravo à nos héros américains, bravo à cette Amérique qui déjà en 1945 nous a libérés et qui grâce à ses enfants continue à nous administrer des leçons de courage social et de modestie dans l’action.

 

Il faut être courageux et modeste pour prendre la décision qui a été d’immobiliser le terroriste marocain. Grâce à la légion d’honneur, la France sera éternellement reconnaissante et c’est bien ainsi. Vive l’amitié américano-française, vive les sociétés « individuelles » qui par transformation et par patriotisme savent faire le choix de la collectivité.

 

http://fr.blastingnews.com/international/2015/07/terrorisme-mondial-et-obligations-des-etats-nations-a-s-adapter-aux-mutations-nouvelles-00483153.html

http://fr.blastingnews.com/international/2015/06/le-terrorisme-un-outil-politique-ordinaire-dans-une-democratie-00422221.html #François Hollande #Etats-Unis #Terrorisme