Une décision de justice assez spéciale

 

La contre-attaque d’une association musulmane contre le plat unique à la cantine a échoué. Le Tribunal administratif de Dijon vient de donner raison au Maire de Chalon sur Saône, Gilles Platret sur deux points : l’urgence du référé introduit par l’association et la légalité de l’action.

Sur le premier point, le recours en illégalité pour effet d’urgence de la part de l’association musulmane contre la décision du maire n’est pas recevable. Ce premier point donne tort à l’association et permet au Maire de triompher. Sarkozy vient de remporter une victoire car le Tribunal administratif de Dijon vient de rejeter le référé déposé par l’association musulmane contre la suppression des menus de substitution sans porc dans les cantines de la ville.  C’est une victoire pour le Maire, même si le Tribunal a reconnu la légalité du référé de l’association musulmane. Gilles Platret gagne par défaut et on attend ce que va dire son Conseil municipal à la suite de la décision de justice et ce que va faire l’association musulmane.

 

Sarkozy va tirer des bénéfices politiques importants de cette décision de justice.

 

C’est une victoire politique pour Sarkozy car, seul contre tous au sein des Républicains, il a maintenu cette position, à savoir pas de menu de substitution. D’aucuns estiment que c’est pour des raisons politiques et d’opportunisme électoral qui consisteraient à flatter l’électorat du Front National. Pour d’autres, il est dans son bon droit au nom de la République. Sarkozy vient de gagner des points sur Juppé qui, dans son mairie de Bordeaux, a toujours dit qu’il y avait des menus de substitution pour les élèves de confession musulmane voire hébraïque. Sarkozy ne s’attendait pas à une telle décision, mais en tant qu’animal politique on peut penser qu’il va s’en servir.

 

Quelles conséquences pour les cantines françaises ?

 

La décision du Tribunal administratif de Dijon n’est pas anodine car elle pose un problème fondamental: coopération ou divorce entre la République et la #Démocratie. La République reconnait les citoyens et une laïcité radicale. Un citoyen n’est ni musulman, ni juif, ni noir, ni blanc, ni jaune, il est républicain. La Démocratie accepte le clanisme, le tribalisme, la différenciation fondée sur la religion, les pratiques culinaires et alimentaires et elle inscrit l’individu dans une laïcité relative. Nous sommes au cœur d’une opposition claire entre laïcité radicale et laïcité relative. Cette opposition perturbe l’existence même de la République et les rapports entre République et Démocratie. C’est un débat qui est escamoté par les intellectuels en France qui, par paresse, refusent d’opposer République et Démocratie alors qu’ontologiquement ce sont deux concepts différents. En revanche, République et Démocratie, par lâcheté, se laissent faire et être utilisées par les intellectuels qui estiment que la République est fondamentalement démocratique et que la Démocratie justifie la République. La vérité est ailleurs, elle repose sur un accord et un protocole de « courtoisie sociétale », concept volontairement forgé, pour éviter les heurts entre les deux concepts et pour permettre aux intellectuels de façon très paresseuse de justifier leurs actes républicains (le vivre-ensemble, la cohésion sociale, etc.) et au peuple de se sentir démocratiquement utile car il est appelé à voter pour que la République continue d’exister. 

Il faut dépasser le faux-débat de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) qui fonde la République pour mieux installer une réflexion plus profonde entre République et Démocratie, deux concepts opposés et ontologiquement différents mais cannibalisés par les uns et les autres pour des raisons liées à leurs démonstrations partisanes. 

 

http://fr.blastingnews.com/politique/2015/06/peut-on-installer-une-laicite-democratique-sociale-reelle-et-nouvelle-en-france-00450155.html

http://fr.blastingnews.com/politique/2015/07/la-democratie-une-dictature-qui-s-ignore-00492857.html #Président de la République #Islam