Monsieur Rebsamen, ami de #François Hollande, avait espéré devenir Ministre de l’intérieur dans le premier #Gouvernement de François Hollande. Il a dû attendre le second gouvernement pour être Ministre du travail pendant 18 mois, obligé de remettre sa démission le 19 aout prochain (à cause du non cumul des mandats). La nomination de Rebsamen peut être étudiée comme un choix de second ordre en reprenant la qualification de l’analyse économique qui met l’accent sur le second choix (second best) pour expliquer comment une action peut être perçue comme qualitative, même si elle n’a pas été choisie en priorité.

 

Rebsamen pas toujours à l’aise dans la gestion des dossiers au Ministère du travail

Le Ministre Rebsamen, dont la carrière en tant qu’homme publique a débuté dans les années 1980, n’a pas toujours su traiter les questions relatives aux trente cinq heures, aux retraites et aux problématiques liées à l’apprentissage. Cela est normal car un jeune ministre du point de vue de la fonction et non de l’âge, doit à la fois gérer son administration relativement complexe et apporter des réponses au dossier politique du moment et à venir. Il faut aussi reconnaitre que le rôle occupé par Monsieur Rebsamen au Ministère du travail n’est pas très important par rapport au Ministère de l’Economie et des Finances qui oriente les décisions des entrepreneurs sur le marché du travail, à la  fois dans les décisions et les anticipations. Le marché du travail en France est d’abord le fait du Ministre de l’Economie et des Finances qui, par les décisions fiscales et économiques, favorise les choix des entrepreneurs. Le Ministre du travail ne peut que constater et suivre les décisions de ses collègues de l’Economie et des Finances.

 

 

Les raisons du retour de Rebsamen à Dijon

 

En repartant à Dijon à la suite de la mort d’un de ses amis et Maire Alain Millot emporté par un cancer à l’âge de 63 ans, Rebsamen joue la sécurité en se camouflant derrière le principe de responsabilité que les Dijonnais lui ont accordé en le réélisant Maire en mars 2014. Il sort par la grande porte avant la débâcle présidentielle sur le front du #Chômage car, dans ce domaine, la conjonction de nombreux faits (crise économique persistante, décision des entreprises de ne pas embaucher car leurs anticipations sont mauvaises, augmentation des actifs diplômés ou non sur le marché du travail, délocalisation stratégique de certaines entreprises, volonté des grandes entreprises françaises de produire à l’étranger, non respect par les entreprises du CICE et du Pacte de responsabilité, illisibilité de la politique économique future, compétitivité accrue des entreprises étrangères, crise majeure chez les agriculteurs et les éleveurs, inefficacité des baisses des cotisations sociales et fiscales pour que les entreprises embauchent, etc.) montre que la courbe de chômage ne s’inversera pas. Rebsamen a raison de quitter son poste et il ne sera pas tenu pour responsable, voire coupable, comme son prédécesseur Michel Sapin, de n’avoir pas su ou pu inverser la courbe de chômage.

 

Ainsi va la France qui préfère les discours aux dépends des actes. Il y a une profonde rupture dans ce pays entre la vision progressiste et sociale des autorités publiques et le comportement rentier des chefs d’entreprise. Rebsamen a bien perçu cette différence et préfère par précaution se mettre à l’abri dans sa bonne mairie de Dijon.

 

http://fr.blastingnews.com/politique/2015/07/eleveurs-une-crise-agricole-qui-devient-politique-00486345.html

http://fr.blastingnews.com/politique/2015/08/le-medef-l-allie-naturel-de-francois-hollande-00492155.html