En #Grèce se tenaient cette semaine les élections législatives qui devaient, selon les sondages, élire un nouveau parti à la tête du pays : Nouvelle Démocratie.

Et bien non ! Le parti politique d'Alexis Tsipras (NDLR : Syriza) est arrivé en tête avec 30 à 35 % des votes. Ce score permet à l'ancien Premier ministre de revenir gouverner et d'obtenir 145 des 300 sièges du Parlement. Vous l'aurez compris, il ne dispose pas de la moitié absolu (151 sièges pour être plus précis).

Son adversaire principal à ces élections, Nouvelle Démocratie donc, obtient quant à lui 75 sièges.

 

Alexis Tsipras s'est empressé de commenter le résultat sur le réseau social Twitter en écrivant : «Devant nous s'ouvre la voie du travail et des luttes». Espérons pour ses électeurs que cette fois il dit vrai, puisqu'il est difficile de dire de son précédent mandat qu'il fut inflexible aux ordres de Bruxelles (et de l'Allemagne). En effet il avait accepté plusieurs mesures d'austérité contre l'avis – bien entendu- de son peuple et donc de ses électeurs. Ce qui avait conduit tout droit sa cote de popularité en chute libre après quelques mois seulement d'exercice de pouvoir. Dans un ultime sursaut, Alexis Tsipras avait annoncé sa démission le 20 août dernier pour revenir (s'il était réélu) en force avec plus de légitimité. Effectivement des personnes qui réélisent le même individu, alors qu'il était grandement critiqué, est un message fort politiquement.

Le nouveau (et donc ancien) Premier ministre avait joué un coup de poker énorme qui s'est bien fini pour lui.

La question est de savoir si maintenant il va radicalement changer sa position et demeurer inflexible face aux créanciers de la Grèce ou s'il va continué a accepté les mesures de restriction financière.

Un diplomate français, dont je tairais le nom pour préserver son anonymat, me confiait avoir conseillé aux Grecs de devenir un paradis fiscal pour rentre à nouveau de l'argent dans les caisses de l’État. Même si les paradis fiscaux sont sur la blacklist de beaucoup de pays, il n'en reste pas moins que ce serait effectivement une option pour la Grèce : attirer des grandes fortunes du monde entier qui achèteraient des maisons et des entreprises et créeraient de ce fait des emplois. Le raccourcis est un peu facile, mais dans le fond c'est ce qui se passe et ce que pourraient être les conséquences de ce choix. En étant objectif, il est vrai que la situation actuelle des grecs reste inquiétante puisque la dette est encore gigantesque (160% du PIB) et les salaires des fonctionnaires ont été drastiquement diminué et non pas augmenté depuis quelques années...

Peut-être va t-il dire à Yanis Varoufakis, l'ancien ministre des finances, de revenir au gouvernement alors qu'il avait été plus ou moins "viré" pour son manque de tact dans les négociations avec Bruxelles et le Fonds Monétaire International (FMI) ?

 

François Hollande a salué cette victoire, surtout parce que les deux hommes sont du même bord politique : la gauche. Le Président français se rendra probablement à Athènes pour rencontrer de nouveau Alexis Tsipras.En revanche, pas sûr que la chancelière allemande Angela Merkel ne s'y rende, son pays étant un des principaux créanciers de la Grèce qui n'a donc toujours pas été remboursé et qui doit s'inquiéter de revoir un jour l'argent prêté... #Union Européenne #Élections