La France est décidemment un pays paradoxal et bizarre. On souhaite recevoir les migrants venant des pays en situation de guerre, mais il faut adopter la technique des quotas pour les uns et la libre entrée pour les autres au nom de l’humanité. Cette approche ambigüe peut se comprendre à travers la célèbre phrase de Michel Rocard, ancien Premier ministre français  qui avait déclaré que la France ne pouvait recevoir toute la misère du monde.

 

Lors de sa conférence de presse, #François Hollande a déclaré qu’un quota de 24 000 migrants serait accepté en France. L’Allemagne va au-delà de 24 000, propose de recevoir 800 000 migrants et affecte un budget de 6 milliards d’euros pour commencer à résoudre les problèmes des migrants. Le Président Hollande au cours de sa conférence, a montré que la France, pays des Droits de l’Homme, ne pouvait recevoir plus de 24 000 migrants à cause des problèmes liés aux performances faibles de l’économie française par rapport aux performances allemandes.

 

La ferveur émotionnelle en matière de courtoisie réceptive a saisi la plupart des Français, les uns et les autres se proposent de fournir un hébergement, des vêtements, de l’argent et de l’accompagnement affectif. Mais de nombreux problèmes restent irrésolus dans l’inconscient collectif français : les migrants sont-ils musulmans ? Catholiques ? Djihadistes ? Ont-ils une formation ? Sont-ils des demandeurs d’asile ou des migrants économiques ? Combien de temps vont-ils rester en France ? Au-delà de cette émotion globale, les maires des différentes villes françaises sont prêts à recevoir des migrants mais attendent des précisions du ministère de l’Intérieur concernant les statuts réels de ces migrants. Le maire de Roanne a soulevé une question qui fâche. Il pense que seuls les syriens chrétiens doivent être reçus car lui, comme ses administrés se demandent si, parmi ces migrants, il n’y a pas de djihadistes prêts à alimenter l’Etat islamique. L’interrogation du maire est légitime et soulève les peurs de la société française qui attend de ses responsables politiques l’éclairage radical sur la situation des migrants.

 

Au cours de sa conférence, François Hollande a changé de stratégie : il s’agit maintenant de tenir compte de la présence de Bachar Al Assad dans la résolution du conflit. Avant la conférence du Président Hollande, j’ai esquissé modestement dans un article sur Blasting News la nécessité de prendre en compte tous les acteurs pour une résolution du problème syrien. Le Président Hollande, pour ne pas perdre la face, change de stratégie et estime qu’il faut bombarder les positions de #Daesh. La réalité du terrain est trop complexe. Les bombardements aériens risquent d’être très peu efficaces, ils feront reculer Daesh mais ne le feront pas disparaitre. Il reste une solution : demander au Qatar, à l’Arabie Saoudite, à l’Irak, à la #Syrie, à l’Iran et assez paradoxalement à Israël, de se mettre autour de la table pour régler les problèmes nés des collapsus étatiques en Irak, en Syrie, voire au Liban, qui entrainent l’exacerbation des conflits actuels. Que les Etats membres du Conseil de sécurité (France, Grande Bretagne, Russie, Etats-Unis, Chine) soient la locomotive de la résolution des problèmes de migration. J’ai aussi évoqué sur ces pages de Blasting News l’importance d’une conférence internationale .

 

Il faut, pour résoudre le problème des migrations et de Daesh, combiner deux arguments : la volonté politique et l’organisation militaire de la communauté internationale sur le terrain.