François Fillon est un combattant et il dit qu’il est combatif (adepte émérite du sport automobile) malgré les mauvais sondages qui le placent en 3ième position pour la course aux primaires derrière le duo Juppé/Sarkozy. Le 20 septembre, Fillon a décliné son contrat de changement au cours de l’émission Europe 1/I Tele/Le Monde. Ce contrat est articulé autour de quelques points forts : 39 heures dans la fonction publique, 65 ans pour l’âge de départ à la retraite, référendum populaire après l’élection présidentielle pour demander l’avis du peuple français sur 5 ou 10 mesures pour changer la France- mesures à inscrire dans la Constitution-. Est-on obligé de le croire comme on l'a fait pour François Hollande en 2012 ? 

 

Dans le Journal du Dimanche du 20 septembre 2015, il déclare qu’il est pour les statistiques ethniques pour recenser les étrangers et pourquoi pas vérifier l’origine étrangère de ses compatriotes français. Intervenant sur RFI ce 20 septembre, le démographe Hervé Le Bras a déclaré que l’attitude de François Fillon était contraire aux coutumes françaises et que cette façon de faire rappelle plus l’Afrique du Sud et les Etats Unis. Sans le dire, Hervé Le Bras estime que c’est une approche que l’on peut considérer comme « racialisante » dans la méthode de comptage. En fait que veut Fillon, lui qui a toujours été considéré comme le taiseux, celui qui ne s’est jamais rebellé face à Sarkozy pendant 5 ans ? Dans son livre « Faire », Fillon considère Sarkozy comme un plébéien  teigneux qui n’a jamais su prendre les décisions indispensables pour la conduite du pays.

 

Si on mélange l’intervention de Fillon sur I-Tele et sa déclaration sur les statistiques ethniques, on ne peut être qu’atterré pour le séguiniste et le gaulliste qu’il est. Le Premier ministre Fillon est perdu. Il ne sait pas comment rallier à sa cause  une partie de l’électorat de l’ex-#UMP qui se retrouve au Front National. François Fillon est perdu. Même s’il dit rester combatif, sa combativité est inexistante dans l’électorat Les Républicains et encore moins en France. Fillon est un « gentil » bourgeois de l’Ouest, enseignant du 2nd degré d’Histoire-Géographie, jeune député de la Sarthe à l’âge de 28 ans après la mort de Joël Le Theule député dont il était l’assistant. Fillon est d’abord un politique avant d’être un professionnel qu’il est devenu en politique. Il a rejoint Sarkozy par opportunisme avant 2007 car il n’avait pas été retenu dans le gouvernement de Villepin Premier ministre. Il s’est quasiment vautré dans le bac en sable en mobilisant ses réseaux pour rester Premier ministre de Sarkozy quand celui-ci souhaitait le remplacer par Borloo.

 

Dans sa bataille avec Copé pour la gestion de l’UMP, Fillon a critiqué vertement Sarkozy et dans son livre « Faire », il veut tromper l’électorat en présentant une image négativo-positive de Sarkozy, c'est-à-dire équilibrée. Fillon a raison et il a le droit de se présenter aux primaires, tout comme vient de le déclarer ce soir Hervé Mariton député de la Drôme. Fillon est un bourgeois « gentil », pas très crédible pour diriger la France. Il lui reste à se rallier à Juppé, même s’il s’en défend, pour barrer la route à Sarkozy auquel il voue une forme de respect-condescendance-haine.

 

François Fillon est un homme politique avec une longue carrière et on peut se demander pourquoi il va « Faire » pour la France ce qu’il n’a jamais su faire au cours de sa longue vie ministérielle. Il a toujours été consensuel, voire inexistant. Quand on cherche dans la lexicographie politique, on a dû mal à voir ce qu’il a fait pour la France. Tiens-tiens, peut-être au niveau des retraites, dont acte. #Élections #Nicolas Sarkozy