Après l'invitation d'Alain Juppé au groupe Bilderberg, voici maintenant celle de #Nicolas Sarkozy au dîner du club Choiseul, think tank libéral ; dîner au cours duquel il n'a pour le moins pas mâché ses mots, usant abondement de formules brèves, tranchantes, accessibles. Bref, comme au café, là où se trouve le peuple, là où l'on peut être, ou pas, populiste. Pardon, il fallait entendre populaire.

Cette litanie de phrases assassines, amusantes, parfois sans doute vraies, peut se décliner sous la forme archi-classique de la thèse : "La France ne décline pas, elle se désagrège", antithèse : "le pouvoir, on ne vous le donne pas, il faut le prendre", synthèse : "on a pas tous le même salaire, parce qu'on ne travaille pas tous pareil", si chère à nos élites.

Comme à son habitude Nicols Sarkozy fait preuve d'esprit et ses pointes font régulièrement mouche, par leur fond quelque fois ou par leur forme souvent. Ainsi lorsque l'on entend sa diatribe contre la réintroduction de bêtes disparues : "Au nom de l'écologie, on met des ours Slovènes dans les Pyrénées et des loups Russes dans les Cévennes. Pauvres bêtes", on ne peut s'empêcher de sourire. Non de dépit, en pensant aux raisons environnementales qui ont poussé à cette réintroduction et que chacun peut connaître par une recherche internet de moins de dix minutes, mais parce que la chute est drôle.

Il y a encore cette phrase lancée à la cantonade : "François Hollande veut qu'il y est moins de riches, moi je veux moins de pauvres" ou celle-ci par laquelle il recommande de revoir les accords qui nous lient à l'Algérie "1962, c'était il y a longtemps". On croirait du Dieudonné dans le texte à qui, si l'on en croit les médias, on pourrait faire dire "l'holocauste, c'était il y a longtemps". Or Dieudonné n'est-il pas drôle ?

Mais si l'on excepte Poutine, à qui l'on ferait "un mauvais procès", les points de convergence avec Dieudonné s'arrêtent là et cèdent le pas aux paradoxes. En effet il faudrait selon Nicolas Sarkozy remplacer Bachar el-Assad par des éléments du régime, en somme remplacer une dictature par la même, comme en Egypte ? Il note aussi que les ruraux "n'ont pas brûlé les abribus et pourtant crèvent" tout en prônant par ailleurs une baisse des dépenses publiques à hauteur de 50% du PIB. Faut-il lui rappeler que c'est justement en milieu rural que les services publiques ferment faute de moyens ?

Mais, à sa décharge, on ne fait pas campagne autrement que par des petites phrases. Chaque téléspectateur, chaque tweeteur, chaque militant le sait. C'est même devenu un des aspects de notre culture, le tweet, la saillie, le mot de la fin.

Il semble pourtant que cette concurrence, si nécessaire dans d'autres domaines aux Républicains, gêne dans le domaine de la communication. Ainsi Nicolas Sarkozy de parler de l'autorité bafouée par les nouvelles technologies, par l'agora numérique qui "donne la parole à tout le monde alors que la parole se mérite".

Mes excuses, Monsieur le Président. #Ecologie #Dieudonné