Numérisation du monde du travail, nouvelle forme d’organisation sociétale, préservation du SMIC, de la durée légale du travail…. Hollande a réaffirmé son appétence pour le dialogue social. Il veut être le Président qui s’appuie sur les forces vives de la Nation qui doivent dialoguer afin de trouver des solutions au blocage de la société française. La CGT, absente à ces agapes sociétales, a été fustigée par le #Président de la République. L’accord récent (concernant les retraites, la gestion des caisses complémentaires AGIRC-ARRCO et surtout l’âge légal de cessation d’activité) entre le MEDEF et les principales organisations syndicales, sauf la CGT, a été salué. Le problème est que le temps présidentiel est différent du temps social. Le temps social est long, compliqué et nécessite une adéquation et des compromis entre les différents acteurs du dialogue social. En politique le temps est court car il est lié à l’élection et à la réélection surtout présidentiel, ce qui justifie l’implication personnelle du Président de la République.

 

La France est à un tournant de son histoire sociale. On parle de violence sociale dans les entreprises. A Air France et dans d’autres entreprises, les revendications des salariés sont entendues mais minimisées. Les salariés sont contraints d’accepter la modification de la durée légale du travail en travaillant en heures supplémentaires sans être payés au nom de la préservation de l’emploi. Si on revient dans le champ politique, on s’aperçoit que la Gauche, après avoir proposé les 35 heures, n’a pas été contredite par la Droite en 2007 après la victoire de Sarkozy qui a apporté un dispositif innovant: payer en heures supplémentaires défiscalisées les heures au-delà des 35 heures.  La Gauche revenue aux affaires a supprimé le dispositif.

 

En s’adressant aux forces vives de la Nation au Conseil économique et social, Hollande a indiqué que le statut actuel du pacte social français construit après 1945 n’était plus possible de nos jours. Il faut faire évoluer ce pacte social grâce au dialogue social, mais surtout en fonction de la mondialisation, de la concurrence internationale et des nouvelles technologies qui modifient la manière de produire, de commercialiser et de vendre les produits. Ces modifications liées à la mondialisation impactent les formations des salariés, leurs rapports à l’entreprise et la compréhension d’un nouveau monde. En France, on peut noter que les syndicats n’accompagnent pas ces évolutions sociales dans l’entreprise. Sans brutaliser les Français, Hollande a réaffirmé l’importance de certains principes fondamentaux-force, néologisme volontairement mis en évidence pour expliquer que la durée légale du travail et le SMIC ne seraient pas remis en cause. On aurait attendu du Président qu’il donne sa conception des retraites, de l’aménagement de la durée du travail dans les branches professionnelles en insistant sur l’intérêt du contrat au sein des branches. Hollande s’est contenté de déclarations générales, on ne pouvait s’attendre à mieux à cause des élections régionales proches. En France le dialogue social est un avatar d’une pensée moderniste de la société et des entreprises qui finit par s’enliser car les protagonistes évitent de se parler et préfèrent être à l’Elysée avec le chef de l’Etat pour les décisions finales.

 

Ainsi va la France qui n’est pas aveugle de l’environnement mondial et encore moins sourde des bruits venant du reste du monde. Ainsi va la France donneuse de leçons à la terre entière sur les Droits de l’Homme, sur le vivre et sur l’être, mais incapable de mettre en œuvre ses principes sur son propre sol en matière de transformation sociétale. Comment refonder le dialogue social en France de manière efficace, transparente et acceptable de et par tous ? La société française a peur d’elle-même, même si, par orgueil, elle dit vouloir résister à la mondialisation, cette hydre malveillante qui veut homogénéiser les façons de vivre et de faire dans la société française. #François Hollande #Gouvernement