La sécurité sociale a été créée par le Conseil national de la résistance en 1945. Depuis sa création, la sécu répond à des missions sociales de partage, de solidarité et de redistribution : l’implantation de l’Etat providence.  Elle n’est pas une invention française, comme on le dit souvent, mais une inspiration des expériences multiples en Grande Bretagne mais surtout en Allemagne. L'une des références connues est l'approche de Beveridge, économiste anglais (1879-1963) rédacteur d'un rapport sur le système d’assurance-maladie en 1942, qui avait permis de montrer l’importance des trois U : universalité de la protection sociale par la couverture de toute la population, uniformité des prestations fondées sur les besoins des individus, unité de gestion étatique de l’ensemble de la protection sociale (les trois U étant financés par l’impôt). Beveridge a mis en place un système « assistanciel » de la protection sociale.  A l’opposé de Beveridge, le système bismarckien, qualifié d’assurantiel, a été imaginé par le Chancelier Otto Von Bismarck (1815-1898). Pour lui, la protection sociale est essentiellement fondée sur le travail des individus et sur leurs capacités à s’ouvrir des droits grâce à leurs activités professionnelles. 

 

La sécu française est la synthèse de ces deux approches et, dès 1949, elle connait ses premières difficultés en matière de financement qui vont croître  à partir des années 1970, au moment où la sécu est élargie aux conjoints des salariés. La sécu devient générale, les problèmes de gestion s’accentuent. En 1945 les mutuelles étaient opposées à l’émergence d’une sécurité sociale gérée par différentes caisses de salariés et d’employeurs car la plupart d’entre elles ne voulaient pas perdre leur indépendance et leur rôle dans la gestion de protection des salariés. L’émergence des régimes spéciaux, les difficultés de financement, l’introduction de la CMU (couverture maladie universelle) et de l’aide médicale de l’Etat accentue l’illisibilité et les difficultés de financement à un moment où les difficultés budgétaires de l’Etat deviennent importantes et où la croissance économique a quasiment disparu. Aujourd’hui on parle de ramener la branche vieillesse à l’équilibre et de faire passer les dépenses de l’assurance maladie en deçà de 10 milliards d’euros. La CGS (contribution sociale généralisée) avait été créé  en 1991par Michel Rocard comme un impôt temporaire payable par tous pour financer la sécu. Depuis, la CGS est devenue un impôt permanent.  ,

 

La France reste un modèle de solidarité en matière de protection sociale et surtout sanitaire. Les dépenses augmentent: il faut trouver de nouveaux moyens de financement en raison de la diminution du taux de croissance et du nombre de chômeurs qui augmente. On peut imaginer le discours de Hollande à la Mutualité. Il va insister sur le rôle de la sécurité sociale comme cadre de protection de la société française et surtout des chômeurs. Il indiquera la nécessité de faire des réformes pour le financement de la sécu qui doit continuer en tant que bien collectif. Ces réformes ont déjà commencé (déremboursement de certains actes médicaux, informatisation des cabinets médicaux, mise en place du tiers-payant intégral permettant aux patients de ne rien payer pendant les visites médicales –mesure qui n’a pas l’heur de plaire aux médecins généralistes dont certains font grève-).

Le Président Hollande a du pain sur la planche. La baisse des coûts devient un modèle économique et paradigmatique des nouvelles sociétés occidentales (c’est vrai dans le domaine social, mais aussi dans l’industrie comme on a pu le constater ce soir 5 octobre 2015 avec l’agression lamentable de cadres d’Air France par les syndicats qui n’acceptent ni la baisse des coûts, ni les licenciements) , on peut se demander comment il réussira à expliquer à la Mutualité qu’on peut maintenir les prestations sans baisser les coûts de gestion et sans demander des efforts aux Français en matière de cotisation. #Chômage #François Hollande #Gouvernement