Valls est un Premier Ministre tenace, agréable, moins doté scolairement que le Président Hollande par le nombre de diplômes obtenus dans les grandes écoles de la République (Sciences Po., ENA). Il a pour lui une ténacité et un courage (supérieurs à ceux de Hollande) qu’il a acquis en suivant le courant de Michel Rocard. Depuis sa nomination au poste de Premier Ministre, #Manuel Valls a en tête un dossier brûlant : le rôle du Front national dans la société française. On est étonné de cette indignation permanente du Premier Ministre vis-à-vis du Front national. A chaque élection, le Premier Ministre nous « ressort » le Front national.

 

Le Front national est un parti que j’ai toujours critiqué et qui est loin de mes idées républicaines et sur ses pages de Blastingnews, j’ai posé la question à haute voix: si le Front national n’est pas un parti républicain, il faut créer au parlement, par la loi, les conditions de sa disparition. Le Premier Ministre est dans son rôle en tant que chef de gouvernement de dire ce qu’il pense des effets nocifs du Front national. Le Parti Socialiste comme les Républicains doivent s’occuper des Français et de leurs problèmes, ce qu’ils ne font pas sur le terrain depuis de nombreuses années. On ne peut pas se contenter de dire aux Français que le Front national a un mauvais programme, sans expliquer concrètement en quoi ce programme est mauvais pour la France et les régions. Le Français en ont « marre » de ces hommes politiques qui ont pour viatique politique que le discours et la dénonciation du Front national comme le fait le Premier Ministre. Les Français refusent les discours creux.

 

Monsieur Valls: le parti de Sarkozy, même s’il y a des nuances, n’est pas pour le Front républicain. Le message des LR est clair : ni Front national, ni Parti socialiste. Le Premier Ministre et un député PS du Gard, Monsieur Prats, sont pour le Front républicain. Il faut expliquer aux socialistes la manœuvre cachée. Monsieur Valls, vous avez compris que la Gauche va perdre des régions et qu’il y a, dans votre camp, des dissensions entre le Parti socialiste, le Front de gauche et les écologistes. En agitant l’épouvantail Front national (qui n’est pas toujours avéré sur le terrain au cours des élections récentes si ce n’est que dans la tête des hommes politiques français), vous obligez le Front de gauche et les écologistes à faire l’union dès le premier tour, voire au second tour. Vous dites aux écologistes et à la Gauche communiste : au nom de la République, le Parti socialiste va se sacrifier s’il arrive en troisième position, pour éviter que le Front national l’emporte dans les conseils régionaux. Vous êtes prêt à ne pas avoir d’élus socialistes dans les conseils exécutifs régionaux au nom de la République. Cela vous honore peut-être pour votre candidature en 2022 à l’élection présidentielle, mais je ne suis pas sûr que tous les  candidats socialistes aux régionales de 2015 soient d’accord avec vous.

 

Monsieur Valls, excusez mon insolence, mais je suis un analyste de la vie politique de mon pays et, sans être socialiste, je pense que mes concitoyens socialistes, avec lesquels je suis en accord ou en désaccord, comprennent les enjeux souterrains de cette décision qui vous honore en tant que Premier Ministre et chef de la majorité, mais qui vous dessert en tant que stratège de la vie politique au Parti socialiste.  Monsieur Valls, il faut que le Parti socialiste se remobilise et travaille son programme et son projet. Le PS de François Mitterrand est mort. Le nouveau Parti socialiste de Hollande et de vous-même est à l’œuvre. Il vous reste à démontrer que vous êtes apte à le mettre en musique sur le terrain. Sortez du champ sémantique traditionnel qui consiste à voir dans tout opposant à votre politique, un adepte du Front national. C’est vrai au niveau national, mais c’est également vrai dans les communes où le PS est majoritaire. #Élections #François Hollande