Les faits sont brutaux, sidérants : 129 morts selon le Procureur de la République François Molins. Dépassons les détails de son intervention et regroupons les faits. 129 morts, plus de 90 blessés, des Français sidérés et sous le coup de la peur mais qui continuent malgré tout à vivre et à se déplacer en France. Dans cette mise en scène de la vie quotidienne française sous le sceau de la terreur islamique, on constate un certain nombre de faits. Trois équipes, une au Bataclan, une au stade au Stade et une autre dans la nature : voici le collectif des terroristes dont on dit que certains étaient fichés, connus et ayant des relations avec des groupes radicaux vivant en Belgique dans le quartier de Mollenbeck.

 

Les attentats à Paris doivent être expliqués pour ces djihadistes radicaux ; le vendredi est pour eux un jour de référence qui leur permet de monter rapidement au ciel, auprès de Dieu, et de profiter de nombreuses filles vierges, après le martyr grâce aux attentats. La symbolique est utile à décrypter: le vendredi, il s’agit de faire peur aux catholiques et le vendredi 13 surtout jour de superstition, de légendes et de récits. Le 11ième arrondissement n’a pas été choisi au hasard. Le Bataclan et les autres rues où ont lieu les assassinats sont proches des locaux de Charlie Hebdo. De plus, les terroristes ont voulu s’attaquer aux fondamentaux de la démocratie des sociétés occidentales, la libre expression par la musique, la discussion et le débat d’idées au restaurant entre amis, la cohabitation hommes/femmes dans les rencontres musicales ou dans les échanges festifs, la vitalité de la société civile.

 

En revendiquant ces attentats, l’#Etat Islamique veut prendre date en disant clairement à la France qu’elle doit s’attendre à une guerre nouvelle, dont les commanditaires sont à l’extérieur de la société française et dont les exécutants sont irrémédiablement ancrés à l’intérieur du pays France. L’Etat islamique a montré sa capacité de nuisance. Il faut les croire et apporter des stratégies de réponse. Il faut que nous sachions prendre acte de ces déclarations de guerre et que la France et les Français, sans vivre dans la peur et dans la lâcheté, s’organisent intellectuellement et correctement à penser le monde de façon globale et non plus simplement en partant de Paris et de leurs voisins de palier.

 

L’Etat islamique va nous obliger à revoir notre conception de l’universel. La France n’est plus ce pays des Droits de l’Homme, vanté par nos professionnels de la politique pour nous obliger à être passifs. Le monde a changé et nos hommes politiques ne nous aident pas à décrypter ce monde qui change. Nous sommes dans un monde nouveau dans lequel les idéologies (communisme, nazisme) sont mortes. Le libéralisme triomphe mais à moyen terme et, sans se renouveler, il suivra la même pente, celle du déclin.  Le religieux et les religions  sont devenus la matrice de référence des intégristes de tous bords qui estiment que la religion, (concept qu’il faut questionner sur son sens et sa signification), devient la planche de salut. Nous sommes un pays laïc depuis 1905, mais notre laïcisme a beaucoup de mal à exister sur le terrain car l’Etat a démissionné pour deux de ses missions essentielles : expliquer et faire.

 

L’Etat essaie d’apporter des solutions non structurantes pour des problèmes structurants (communautarisme, religion, chômage, solidarité, etc.). La France ne doit pas avoir peur. Il lui faut renforcer son approche intellectuelle des communautés multiples qui la structurent. L’Etat islamique en mitraillant les Français met en scène une stratégie perverse  visant à faire porter la responsabilité de l’acte sur les communautés musulmanes de France. Si on ne fait pas attention, l’action de l’Etat islamique peut réussir. La communauté musulmane serait indexée négativement en France. Un certain nombre de musulmans se sentant stigmatisés n’auraient comme planche de salut que de rejoindre l’Etat islamique qui pourrait ainsi triomphé. #François Hollande #Terrorisme