Le #Front National est dans toutes les têtes avant que ne se tiennent les élections régionales. Marine Le Pen et le Front National sont dans toutes les discussions, à Droite comme à Gauche. A Droite, Sarkozy a pris sa décision : pas d’alliance avec le Front National, pas d’alliance avec le Parti Socialiste, exit le Front républicain. A Gauche, le Premier Ministre Valls énerve certains responsables politiques, dont Martine Aubry, qui ne comprennent pas pourquoi il persiste et signe. Pour Valls, il faut barrer la route au Front National. Il faut constituer des listes républicaines quel qu’en soit le prix. Au début la stratégie du Premier Ministre ne paraissait floue, ambigüe, contradictoire. Eureka, elle est en train de devenir plus claire.

 

Voici les éléments de débat et de « discutation » au sens hégélien du terme. Sous la Vième République, le Premier Ministre n’a aucune marge de manœuvre vis-à-vis du Président de la République. Toute initiative du Premier Ministre a forcément l’accord du Président de la République. C’est le cas de Valls vis-à-vis de #François Hollande. Hollande sait compter comme son ennemi juré Nicolas Sarkozy. Valls souhaite prendre le pays à témoin en cas de défaite ou de victoire du Front National aux régionales. En cas de victoire, c'est-à-dire  si le Front National gagne en PACA ou dans le Nord, #Manuel Valls pourra toujours dire : « je vous l’avais dit, vous ne m’avez pas pris au sérieux, voilà le résultat ». En cas d’échec du Front National et d’une victoire des LR ou de la Gauche, disons plus de LR que de la Gauche, il pourra toujours dire : « heureusement que j’ai demandé et souhaité un sursaut républicain ». Notre Premier Ministre est stratège, il faut l’en féliciter, le Président Hollande avec lui, mais ces deux là ne disent rien sur ce qu’il faut attendre de la défaite du PS et des autres forces de Gauche aux élections régionales. Ils pourront toujours dire, surtout le Premier Ministre, que c’est à cause de la désunion des forces de Gauche, les Verts de Cécile Duflot en tête.

 

En demandant la constitution d’une force républicaine, le Premier Ministre construit sa stratégie pour 2022 (élection présidentielle), une stratégie qu’il veut gagnante pour lui, car il veut apparaitre sur le long terme et contre vent et marée, comme le porte flambeau du combat républicain contre le Front National. Manuel Valls est malin. Il oblige la Droite républicaine et les centristes à faire des choix très clairs vis-à-vis du Front National car, sans le dire de façon explicite, le Premier Ministre Valls considère que la Droite républicaine joue un jeu dangereux avec le Front National et que cette Droite là est prête à se rapprocher de Marine Le Pen.

 

En cas de ballotage avec le Front National au premier tour en PACA et dans le Nord, je suis à peu près sûr que la Droite demandera aux électeurs républicains, pas simplement de l’ex-UMP, mais à tous les Républicains de Gauche, de Droite, sans les nommer, de voter pour les candidats LR (Bertrand dans le Nord et Estrosi en PACA). Il est malin Sarkozy et Valls risque d’être pris dans le piège qu’il a ouvert. En revanche Valls aura-t-il le courage politique face aux réalités de demander, au nom de la République, aux électeurs socialistes et des différentes gauches, de voter réellement pour le candidat LR ?

 

C’est avec gourmandise et envie que j’attends la manière dont le gâteau électoral va être composé au premier tour et la façon dont il va être recomposé au second tour. Notre pays a beaucoup de « chance », nous sommes au théâtre, théâtre politique marqué plus par des positionnements des hommes politiques, que par une approche concrète dans la résolution des nombreux problèmes auxquels sont confrontés nos compatriotes. Je ne suis pas donneur de leçon, mais simple et modeste analyste de la réalité politique française, souvent travestie par les professionnels de la politique qui racontent des histoires politiques aux électeurs.