Le vote des étrangers aux élections locales a été l’un des points forts du programme de #François Hollande qui marchait ainsi sur les pas de son mentor en politique, François Mitterrand. Il faut que nos lecteurs sachent que François Hollande, actuel Président, et Ségolène Royal ont été présentés à François Mitterrand par Jacques Attali et on ne doit pas être surpris par leur façon de faire de la politique. Si François Mitterrand a été le président qui a aboli la peine de mort, a rendu possible la diversification du paysage audiovisuel, a nationalisé et privatisé les entreprises, a inscrit la France sur la voie d’une modernité bien comprise à travers son intégration dans l’#Union Européenne, a favorisé l’avènement de l’euro et a renforcé la Françafrique, il a échoué sur un point : le vote des étrangers aux élections locales en France.

 

Cet échec est aussi celui de François Hollande qui, prétextant les problèmes de majorité politique (absence de majorité au Congrès si le vote concernant les étrangers aux élections locales avait utilisé la voie parlementaire) et de non adhésion de la société française à cette question, a préféré abandonné le projet. Le Premier Ministre, sans états d’âme, a enterré définitivement le droit de vote des étrangers aux élections locales ; il espère que dans les élections futures le PS n’en fera plus mention. Ce n’est pas le cas du premier Secrétaire du PS Cambadélis qui estime que la question est toujours à l’ordre du jour. Sommes-nous dans un marché de dupes ou dans une stratégie cruelle de manque de compétence politique de la part des dirigeants socialistes ? Si on était méchant, on pourrait dire que la question du vote des étrangers traitée de cette façon permet de faire la synthèse au sein du Parti socialiste entre les sociaux démocratiques libéraux et les caciques de l’ancienne gauche du PS.

 

Un autre problème surgit : celui de la provenance géographique des étrangers. En Europe, seules l’Irlande et la Slovénie admettent le vote des étrangers sans le principe de réciprocité et les conditions exigées dans la plupart des autres pays européens. Les citoyens de l’Union européenne votent sans problème dans le pays de l’Union dans lesquel ils résident. La question devient difficile pour les étrangers hors communauté européenne, car la France met en avant le concept de nationalité et de citoyenneté pour le vote des étrangers. Pour éviter des problèmes, la France exige que les étrangers qui vivent en France depuis au moins 5 ans et qui paient des impôts (IRPP, taxe d’habitation, taxe foncière quand ils sont propriétaires), demandent la nationalité française pour voter. Or, on sait qu’obtenir la nationalité française est un véritable chemin de croix pour un étranger; on peut aussi noter que certains étrangers qui vivent en France depuis de nombreuses années n’ont pas envie de devenir français mais veulent néanmoins participer à la vie locale.

 

Avec la déclaration du Premier Ministre socialiste Valls, la droite et le centre républicains peuvent être au moins sûrs d’une chose: le serpent de mer agité par François Mitterrand depuis 1981 va disparaître dans les flots continus de la République qui estime que, pour voter en France, il faut avoir la nationalité française. Monsieur Valls réalise la synthèse entre le PS et les LR de Nicolas Sarkozy. Sarkozy sera-t-il reconnaître à Valls le courage d'avoir clairement pris position sur cette question du droit de vote des étrangers ? Quelle sera la marge de manoeuvre des Verts, du Front de gauche et de la gauche socialiste pour obliger le Premier Ministre Valls à revoir sa copie ? Où sont ces associations qui défendent les étrangers quand cela les arrange et qui se débinent dès qu'il y a un coup de vent un peu brutal ? La France, à travers la question du droit de vote (à droite comme à gauche), est confrontée à un problème: comment lier la théorie et la pratique sur les questions de société ?  #Manuel Valls