Sarkozy, ancien Président de la République, est considéré comme énergique, courageux, téméraire. Ces caractéristiques lui sont reconnues en tant que chef de parti qu’il est redevenu mais Sarkozy n’arrive pas à se re-présidentialiser: tous les sondages, orientés ou non, montrent qu’il arriverait en troisième position au premier tour, derrière Marine Le Pen et #François Hollande si d’aventure les primaires au sein de LR le désignaient comme le champion de la Droite et du Centre.

 

Sarkozy doit se re-présidentialiser s’il veut démentir tous les commentaires et pronostics qui le donnent absent au deuxième tour de l’élection présidentielle. Nous sommes dans le domaine des sondages et non  dans celui de la pleine réalité électorale. Il reste à #Nicolas Sarkozy à remplir un cahier de charges que, modestement, on peut décliner de la manière suivante.

 

  • Sarkozy a fait le constat judicieux que la France votante est majoritairement à droite. Ce constat d’évidence doit être nourri par une réflexion et une action claire vis-à-vis du Front national. Il s’agit de sortir du front républicain et du ni-ni, qui est une entourloupe électorale, pour l’obliger à cultiver l’indécision, donnant ainsi à ses détracteurs à gauche et aux centristes la capacité de dire qu’il est proche du Front national. Sarkozy doit déclarer de façon très claire que la droite conservatrice n’est pas le Front national et que cette droite conservatrice plaide pour les valeurs de laïcité, de démocratie, d’humanisme, de sécurité et de considération de l’immigration qui respecte les règles de droit et les fondements de la République. Il le dit, mais de façon non stratégique. 

  • Sarkozy doit passer à l’action après les fêtes de Noël et du Nouvel an pour présenter un pré-programme de son action et de sa ligne politique. Cette ligne d’action doit être le prélude aux idées qu’il doit défendre lors du conseil national des LR au mois de février. C’est un conseil important au cours duquel il y aura des lignes de partage sur la stratégie à suivre. Sur ce point, Sarkozy doit réaffirmer son positionnement à Droite et ses négociations au nom des valeurs avec le Centre-droit. La notion d’unité à Droite, et surtout au sein de LR, doit être le point de ralliement, même si les autres candidats aux primaires (Juppé, Fillon, Le Maire et peut-être Morano) ont une autre vision du rassemblement et de l’union.

 

  • Nicolas Sarkozy doit déclarer à haute et forte voix avant le conseil national qu’il n’est pas pour les majorités d'idées avec le Parti socialiste. Il peut insister au nom de la Droite conservatrice et laisser le Centre trouver sa propre voie, tout en rappelant à celui-ci que, sans la Droite conservatrice, il ne peut rien espérer en matière de gains électoraux. Hollande et Valls mettent l’accent sur la notion d’ouverture. Raffarin parle de majorité, d’idées, d’actions, voire de projets, pour travailler avec la Gauche socialiste. Fillon va faire des propositions en matière d’emploi concernant le monde agricole. Sarkozy doit montrer qu’il est en rupture totale avec cette façon de faire qui n’est qu’un moyen de faire pour tuer la Droite dans l’œuf, si d’aventure un de ses candidats étaient présents à l’élection présidentielle de 2017.

 

  • Comme je l’ai toujours dit ici et maintenant sur ces pages, le Président Hollande est très intelligent. C’est un malin car instruit à l’école de Mitterrand qui, en 1985, avait réussi à introduire une dose de proportionnelle, validant ainsi l’entrée de 35 députés FN au parlement. Sarkozy peut demander à François Hollande à haute voix et devant le peuple ce qu’il en est aujourd’hui de la proportionnelle promise dans son programme de 2012.

 

Conclusion : c’est un sarkozysme de combat que Sarkozy doit saisir en définissant de façon très claire et nette  sa ligne politique, ses alliances, son rapport au Front national en sortant de l’inconstante neutralité marquée du ni-ni qui, politiquement, n’est pas acceptable à long terme. Pas de coalition de façade, gare aux confusions. #Élections