La politique est un domaine particulier et différent des autres activités sociales. Elle mélange des éléments rationnels et émotionnels. Le #Front National a viré en tête le 6 décembre au cours du premier tour des élections régionales.  Ce parti n’a pas de président élu au second tour et laisse les places aux partis « républicains » que sont LR, le PS, l’UDI, le MODEM et les autres. Valls a réussi ce que Sarkozy ne veut pas : accepter que Xavier Bertrand (région Nord), Richert (Grand Est)  et Estrosi  (PACA) aient été élus grâce aux voix socialistes. C’est la réalité, elle est implacable et oblige Sarkozy à intégrer cette nouvelle donne du pole républicain « vallésien » au cours du conseil national de LR au mois de février 2016.

 

Le Parti LR de Sarkozy attendait une victoire totale et sans bavure comme aux départementales. Il est obligé de déchanter car ce n’est pas le cas. Le parti est obligé de partager les voix avec le Parti socialiste et le Front national. Ces élections régionales mettent en lumière plusieurs éléments de débat. L’espace politique français est-il en tripartition ou non ? La réponse est oui sur le plan sociologique car, si le Front national n’a pas réussi à faire élire un président de conseil régional, ce parti possède des conseillers régionaux dans les 13 régions de France. C’est une victoire implacable et incontestable de Marine Le Pen, comme je l’ai déjà fait remarquer sur ces pages de Blasting news.

 

En demandant aux militants PS de voter pour eux, Estrosi, Richert et Xavier Bertrand ne pourront pas donner à Nicolas Sarkozy la capacité d’exprimer une victoire nette et sans bavure de LR. C’est peut-être cela la vraie démocratie de recomposition que les Français attendent et pour laquelle ils militent depuis de nombreuses années en regard de ce qu’il se passe dans les autres démocraties occidentales semblables à celles de France. Le Président Sarkozy de LR, quelque soit la victoire des candidats LR, ne pourra dire qu’elle est le fait des LR eux-mêmes. En revanche, Nicolas Sarkozy regarde avec intérêt les résultats de ses principaux candidats. Soit Nicolas Sarkozy est renforcé avec ses alliances positives et le fera savoir à Alain Juppé et à Fillon, soit il est affaibli et il devra composer avec ses compagnons contestataires. Au moment où je fais cette réflexion, il semble qu’il soit affaibli. Bertrand a remercié de façon nette les électeurs de gauche en valorisant le rassemblement des Français, ce qui élimine l’apport du ni-ni de Sarkozy. Le discours de Sarkozy est affaibli dans cette partie du Nord du pays et Xavier Bertrand peut se présenter aux primaires s’il en a envie. Xavier Bertrand va gouverner différemment le Nord, il l’a dit lui-même, n’en déplaise à Sarkozy qui a devoir batailler très fort. Pour la région Grand Est, la victoire de Richert est quasi-assurée, mais c’est aussi une victoire pour Masseret (Divers Gauche) que Valls a ostracisé et remercié pour ses bons et loyaux services. Monsieur Masseret rentre au Conseil régional et il a eu raison de se maintenir. Dans la vie, il faut quelques fois se révolter et ne pas se laisser faire.

 

Sur le plan institutionnel, le Front national n’arrive pas à dépasser le second tour. Sur le plan sociologique, c’est un parti qui existe réellement même si on l’empêche d’exister au plan institutionnel. La tripartition institutionnelle n’est pas encore une réalité, en revanche c’est le cas pour la tripartition sociologique. C’est sans doute une défaite pour Nicolas Sarkozy. Dès lundi, il lui faudra aiguiser ses stratégies de réponse face à Juppé et Fillon.  Nicolas Sarkozy est dans une situation difficile, il lui faudra intégrer l’intervention de Marine le Pen, à savoir : le FN tisse sa toile dans tout le pays et la seule opposition réaliste en PACA et dans le Nord sera le FN. Valls a réussi contre Sarkozy, mais en fait c’est Hollande qui est derrière Valls. Désormais, la politique sera différente en France. #Élections #Manuel Valls