Décision positive ou non du Congrès: le vainqueur est François Hollande mais à quel prix sur le plan des valeurs et de l’éthique ?

 

Je le redis ici et maintenant, et comme toujours, je suis admirateur de l’intelligence de #François Hollande dans le domaine politique. Dans le même temps, je suis obligé de dire les intentions politiques qui gouvernent sa décision de constitutionnaliser la déchéance de nationalité. Dans une adresse au peuple français sur sa page Facebook, le Premier Ministre, à propos de la déchéance de nationalité, reconnait que le débat est public et il essaie de démontrer que c’est une idée qui n’est pas de l’extrême-droite mais qui serait justifiée par la situation exceptionnelle que connait la France, à savoir la lutte contre les crimes terroristes et la sauvegarde des valeurs à la française, fondées sur la liberté, la liberté de tous les Français sans aucune distinction d’origine ou de religion.

 

Valls reconnait que le droit du sol ou la filiation permettent aux individus de devenir français. Dans le même temps, il explique que ce droit du sol et cette filiation que l’on reconnait aux binationaux, ne doit être nullement un obstacle à la déchéance de la nationalité.  Je laisse aux lecteurs le soin d’aller consulter l’adresse politique de Valls sur sa page Facebook et d’y déceler les contradictions;  je reviens sur le décryptage de la déchéance de nationalité voulue par le Président. En arrivant aux affaires, Hollande a voulu changer la donne sociale en montrant qu’il était plus à l’écoute de la société que Sarkozy. En sommes-nous sûrs  pour des besoins personnels de réélection en 2017 ?  Hollande a bien étudié les résultats des élections départementales et régionales. Il a compris que la sociologie électorale est marquée par une typification d’un vote de Droite parmi les électeurs. Ce vote à Droite des électeurs est amplifié par celui des électeurs de l’extrême-droite. Hollande a compris aussi que le vote à Droite se superposait à la carte des zones où le chômage était très important. Le Président avait fait de l’inversion de la courbe de chômage une condition pour sa présentation à l’élection présidentielle de 2017. Même si les planètes sont alignées, à savoir un euro, un pétrole et des taux d’intérêt faibles, la croissance française est frémissante et le taux actuel, autour de 1,5%, ne permet pas de créer des emplois durables. Intelligemment, le Président, qui a longtemps été l’élève de Mitterrand, prend acte de la désorganisation de son camp élargi aux Verts et au Front de Gauche, pour construire une stratégie risquée visant à attirer à lui les électeurs de Droite et du Front national. La marotte choisie est la déchéance de nationalité appliquée aux binationaux. Les partis de Droite n’ont jamais franchi le pas, Hollande l’a fait.

 

La lutte contre le terrorisme est implacable et personne ne doit accepter les crimes abominables contre Charlie hebdo, les cafés du 11ième et le Bataclan.  Fallait-il aller jusqu’à la déchéance de nationalité  au risque de montrer que le vivre-ensemble n’est qu’un discours et un positionnement politique ? La réalité est qu’il y aurait des Français de première, deuxième ou troisième zone. Comment  expliquer à la population que la nationalité n’est pas liée aux origines mais à une communauté de destin comme l’avait voulu Ernest Renan ? Certains binationaux, reconnus coupables, auraient pu être traités avec sévérité, à savoir de la prison à vie. Quand ils sont reconnus coupables et déchus de leur nationalité française, est-on sûr que les pays dont ils auraient l’autre nationalité, sont prêts à les recevoir ? 

 

Monsieur le Premier Ministre et Monsieur le Président, je vous en propose une méthode : inscrire dans la Constitution française le refus de la double nationalité, au moment où certains binationaux choisissent de devenir français, ils devraient par un acte écrit et solennel renoncer à leur nationalité d’origine. Nous serions dans un pays où ne vivraient que des Français……….. #Élections #Manuel Valls