Valls demande de voter pour Estrosi en PACA, pour Xavier Betrand dans la région Nord-Pas de Calais-Picardie et pour Richert dans la région Champagne-Ardennes-Alsace-Lorraine. Tous les trois sont membres des LR. Nous sommes justement dans une situation de marketing politique où chacun veut apparaitre plus vertueux que l’autre. Pour le Parti socialiste, cela ne mange pas de pain car, dans ces trois régions, ses candidats sont arrivés en troisième position et la défaite était assurée. On peut alors toujours brandir les valeurs républicaines et démocratiques du Front républicain et accepter de ne voir aucun socialiste siéger dans un exécutif régional. Le Parti socialiste fait ses calculs, piège LR en situant sa stratégie de communication pour 2017, car ce parti est persuadé que le deuxième tour de la Présidentielle opposera Marine Le Pen à François Hollande et il sera toujours temps, à ce moment-là, de rappeler aux populations de droite le sacrifice fait par le PS au moment des régionales en 2015.

 

Pour les LR, Sarkozy n’a pas d’autre choix que de s’opposer brutalement à Marine Le Pen. En acceptant un deal politique avec le PS, Sarkozy ne ferait qu’accréditer l’UMPS tant décrié par Marine le Pen et serait progressivement englouti par les flots bleu-marine dont les électeurs estiment que seul le #Front National est à la hauteur de la lutte contre l’insécurité et l’immigration. Peu importe si ces thèmes, qui sont de fracture nationale, ont été régionalisés habilement par Marine Le Pen. Sarkozy durcit son discours en allant braconner sur les terres de l’extrême droite. Dans ces cas là, les électeurs préfèrent l’original à la copie. La marge de manœuvre de Sarkozy est mince, il faut qu’il existe politiquement. Le Front national lui a enlevé la possibilité de rafler le maximum de régions. De plus, Sarkozy estime que les LR sont le seul parti de la résistance contre le Front national.

 

Le Parti socialiste, par son comportement, essaie d’apparaitre comme le parti de la vérité et de la lutte contre le Front national. En agissant ainsi, le PS estime pousser un peu plus les LR dans les filets du Front national. C’est une équation difficile pour Sarkozy : comment rester lui-même et attirer à lui des électeurs de droite qui ont rejoint Marine Le Pen. La Gauche et la Droite doivent penser à renouveler leur discours politique. Il y a un discrédit de la parole publique. Les électeurs français préfèrent la logique de la rupture en votant pour le Front national. Les partis de gouvernement, PS et LR n’arrivent plus à renouveler leur discours et leur offre politique. Marine Le Pen semble être plus en empathie avec le peuple que ne le sont les responsables du PS, comme ceux de LR.

 

Pour battre Le Pen, il faut que l’abstention diminue significativement dimanche prochain, mais le danger demeure car le FN ne disparaitra pas comme cela de l’espace politique français et, pour #Nicolas Sarkozy, il faut des résultats importants pour les LR afin d’invalider l’existence du Front républicain. NKM, Jean-Pierre Raffarin et Nadine Morano, chacun avec sa propre musique, attaquent Sarkozy. Pour l’instant, le PS se délecte car en réactivant le Front républicain, Valls vient d’envoyer une patate chaude dans le camp des LR. Comment Sarkozy va-t-il se saisir de cette patate chaude pour mieux la domestiquer et la transformer éventuellement en victoire dimanche  13 décembre ? Sarkozy ne doit pas courir après les thématiques du Front national, mais doit construire ses propres analyses en phase avec la désespérance des Français. Son existence politique en dépend pour les primaires à droite et pour la présidentielle de 2017. #Manuel Valls