Moi Président, je n’interviendrais jamais dans les décisions de la magistrature.

Moi Président, je respecterai l’indépendance de la magistrature en observant la stricte séparation entre pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Devenu Président en 2012 et sous le poids des responsabilités et de la vox populi, Hollande a réussi un tour de force au nom du code royaliste hérité de Louis XVI : exercer la grâce présidentielle pour ne pas faire souffrir le peuple. En deux occasions Hollande a gracié le plus vieux prisonnier de France et aujourd’hui il récidive avec Madame Sauvage qui a assassiné son mari en lui tirant une balle alors qu’il avait le dos tourné. Rétablissons les faits : Madame Sauvage a été pendant 47 ans la victime éhontée d’un mari qui la battait, qui la violait elle et leurs propres filles. Elle supportait dans le silence les sévices d’un mari barbare. Elle a mis fin à ses souffrances en effaçant de l’espace sociétal ce mari violent, brutal et fou. Hollande en la graciant partiellement ne fait que reprendre les actes politiques dont les sources sont à lire dans les grands procès des 3ième, 4ième et 5ième Républiques. Le Capitaine Dreyfus fut innocenté, le Maréchal Pétain, malgré ses faits de collaboration, a échappé à la peine de mort et il a été condamné à la prison à vie. Monsieur Dominici a été aussi gracié parce que la fonction présidentielle a joué son plein effet.

 

Concernant l’affaire Sauvage, le syndicat de la magistrature n’est pas content car il estime que Madame Sauvage a été jugée et condamnée par deux Cours d’assises populaires qui ont rendu le même verdict selon les règles du droit. En la graciant partiellement, Hollande s’affranchit à moitié des règles de droit tout en les respectant assez paradoxalement. Il ne s’agit pas d’une amnistie qui effacerait l’acte de Madame Sauvage, mais d’une remise partielle qui permet à celle-ci d’être toujours condamnée et d’être libérable par le Juge de l’administration des peines sous conditions au mois d’avril 2016. Hollande Président n’est pas autiste, il sait que la mobilisation en faveur de Madame Sauvage a eu un écho très important sur les réseaux sociaux et, en tant que Président madré et filou, il a compris les bienfaits d’une grâce partielle concernant Madame Sauvage. On ne peut reprocher au Président Hollande d’être en empathie vis-à-vis de Madame Sauvage et de son comité de soutien ; en revanche on peut aussi s’interroger de la décision rapide prise par le Président pour satisfaire les comités de soutien.

 

Le Président Hollande est sur le pont de tous les faits sociaux et politiques, mais cela sera-t-il suffisant pour inverser la courbe de chômage et déclarer en toute quiétude sa candidature à l’élection présidentielle de 2017 ? Les frondeurs de Gauche emmenés par la Sénatrice Lienemann et l’ancien Ministre Hamon souhaitent une Primaire à laquelle participerait le Président Hollande car, selon les Frondeurs, le Président Hollande n’est plus de Gauche mais social-libéral. #François Hollande #Président de la République #Justice