Après avoir refusé la création des primaires à Gauche impliquant le #Président de la République en exercice, coucou revoilà Monsieur Cambadélis, Premier Secrétaire du Parti Socialiste qui annonce que des primaires à Gauche avec #François Hollande ne sont pas à rejeter a priori. Il va plus loin et il esquisse à grands traits ce que pourraient être ces primaires avec un Président de la République qui ne participerait pas à tous les débats. On peut se demander à quoi sert ce type de primaire et on est en droit de s’interroger sur la stratégie subtile de Cambadélis pour ne pas botter en touche et pour mieux étouffer la Gauche frondeuse et marxisante de Martine Aubry.

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Quels sont les enjeux à Gauche  en relation avec l’élection présidentielle de 2017 ? Il s’agit dès le premier tour de mobiliser toutes les forces de Gauche pour que François Hollande soit au deuxième tour en évitant un « 21 avril 2002 » bis où Jospin n’a pu se qualifier au deuxième tour des élections présidentielles. La candidature de Mélenchon n’a pas beaucoup de sens. C’est la candidature personnelle d’un homme politique qui souhaite que l’on ne l’oublie pas. Pour Cambadélis, il s’agit de montrer que Hollande ne se dérobe pas à la votation démocratique et populaire des forces de Gauche. Le problème est que François Hollande est Président de la République (Cambadélis le sait avec gourmandise) et qu’il ne peut s’abaisser au niveau des partis, ce qui ferait de lui le candidat du Parti Socialiste et non le Président sortant, Président de tous les Français, même si on sait que sa famille politique est de Gauche.

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De quelle Gauche s’agit-il ? Une Gauche moderne, celle du 21ième siècle comme le revendique le Premier Ministre à propos de la réforme du Code du travail ? Ou bien cette Gauche ancienne, traditionnelle et mourante du 19ième siècle dont François Hollande avec Macron et Valls souhaitent la réduction en termes d’influence, voire la disparition  au sein du Parti Socialiste ?

 

François Mitterrand a réduit à néant le Parti Communiste après l’avoir embrassé puis étouffé grâce au programme commun. Hollande continue l’œuvre de son maître Mitterrand pour faire disparaitre le Socialisme au sein du Parti Socialiste. Je ne voudrais pas ouvrir un débat que je laisse aux historiens sur l’idée que François Mitterrand était un socialiste opportuniste et que du socialisme il faisait une variable d’ajustement stratégique pour atteindre ses objectifs. D’ailleurs, après les vagues de nationalisation dans les années 1980, il a parfaitement réussi à s’adapter à la libéralisation de l’économie grâce à Delors.

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Tiens-tiens, François Hollande est considéré comme le fils spirituel de Jacques Delors, ce qui à l’heur de ne pas plaire à la fille biologique Martine Aubry.

 

Si la problématique des primaires avec Hollande était actée (hypothèse possible mais à laquelle je ne crois pas beaucoup), il faut rechercher les raisons de cette stratégie militante de Cambadélis, très familier des combinaisons d’appareil politique (on dit de lui qu’il était trotskyste dans sa jeunesse). Le Président Hollande et Cambadélis ont parfaitement compris qu’on ne pourra ni inverser la courbe du chômage, ni le baisser de façon drastique. Si l’hypothèse de la participation de Hollande aux primaires était effective (fait nouveau et extraordinaire dans la 5ième République), on peut y voir une forme de manœuvre stratégique si d’aventure le Président gagnait ses primaires. On pourrait présenter le Président Hollande non comme le Président sortant qui n’a pas réussi à tenir sa promesse, mais comme le nouveau candidat de toutes les Gauches qui n’aurait donc plus de compte à rendre aux Français en matière de chômage car, par définition, il serait le candidat de Gauche, dont l’homme « nouveau » et providentiel. Et le tour serait joué. A moins que le Président décide de ne pas se présenter à l’élection de 2017... Il rentrerait ainsi pieds joints dans l’histoire grandiose des Grands hommes de la 5ième République. #Élections