Chaque 8 mars est une journée grandiose car la femme y est célébrée et magnifiée au nom de la parité. Néanmoins, force est de constater que les rapports hommes/#Femmes en France, en dépit des avancées significatives dans tous les domaines (conjugal, politique, professionnel, etc.), favorisent la sédimentation des inégalités dans la pratique des relations sociales.

 

Beaucoup de travaux sur la sociologie du genre montrent que la parité hommes/femmes tient de l’ordre du discours alors que dans la réalité c’est la domination masculine qui l’emporte. Certains sociologues insistent sur l’intériorisation des normes et des valeurs de domination dont les femmes sont victimes. D’autres montrent que la société évolue. La domination masculine continue d’exister mais un partage de tâches est noté sur le plan domestique et conjugal, alors que sur les plans politiques et de l’entreprise le plafond de verre continue de limiter la progression professionnelle des femmes.

 

De nombreux textes juridiques et des discours bienveillants sur la parité montrent que les inégalités hommes/femmes doivent s’estomper ; mais la réalité est dure et les femmes sont toujours victimes du bon-vouloir des hommes. Que faire pour que les femmes soient réellement considérées non comme des femmes mais comme l’autre, différent de l’homme et complémentaire de lui. Nous sommes dans une difficulté réelle. Les jeunes filles, c'est-à-dire les femmes de demain, doivent apprendre à gagner leur place sans baisser la garde et en déconstruisant, ce qui sera difficile, le modèle d’imprégnation des valeurs traditionnelles qui les enferme dans une position d’infériorité. On aimerait voir de plus en plus de jeunes filles choisir des études d’élèves ingénieurs et des métiers scientifiques.

 

Voilà un débat qui ne disparaitra jamais car les femmes sont toujours victimes des inégalités dans la plupart des sociétés latines, africaines, moyen-orientales et asiatiques. Les pays du Nord (Finlande, Norvège, Danemark, Islande) fondent leur existence sur la valorisation d’un modèle au sein duquel triomphe la parité pour les tâches domestiques et pour la vie politique. D’ailleurs dans les pays comme la Finlande ou la Norvège, les petits garçons qui jouent à la poupée ou font la cuisine ne deviennent pas forcément des homosexuels comme peuvent le penser certaines femmes en France qui, sans le savoir, construisent un modèle de valorisation de la masculinité des petits garçons et de l’infériorisation permanente des petites filles.

 

Femmes françaises, la parité a un prix et nécessite de prendre de la distance par rapport à certaines habitudes de socialisation primaire dans la famille au sein de laquelle les garçons sont valorisés par rapport aux filles. La parité n’est pas un état en soi mais un long processus qui nécessite une implication de soi et l’intervention du droit comme indicateur de correction des inégalités. On peut répondre que les inégalités ne disparaitront jamais, c’est une évidence, mais que l’on peut tout faire pour qu’elles s’atténuent et que les femmes retrouvent une place de référence dans le monde du travail, la vie politique et la vie sociale tout court. Femmes françaises, après Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, après le féminisme triomphant dans les années 1970 avec Gisèle Halimi, on a la fâcheuse impression que les femmes ont lâché le combat. Elles se contentent des grands discours qui n’impactent pas toujours la vie sociale et économique largement marquée par les difficultés économiques.

 

La parité c’est une bonne chose, encore faut-il que les femmes françaises en fassent un objet de combat politique et juridique. #Gouvernement #Journée de la femme