Depuis Charlie Hebdo, le Bataclan, le métro et l’aéroport de Bruxelles, Daesh continue de poser les bombes pour faire peur aux démocraties occidentales. L’acte odieux doit être dénoncé  car rien ne peut légitimer une attaque contre les populations civiles. J’aurais pu mourir si j’avais été au Bataclan ou dans le métro bruxellois. Je suis vivant et, sans représenter les familles des victimes, sans parler en leur nom, je veux dénoncer la barbarie terroriste de l’Etat islamiste et dépasser l’émotion qui nous entoure en tant que citoyens pour mettre sur la table un certain nombre de problèmes qui ne feront pas plaisir à la plupart de nos concitoyens bruxellois et français.

 

A Bruxelles  j’ai été choqué de voir que, pendant la manifestation du 27 mars 2016, des drapeaux de certains pays d’Afrique du Nord étaient arborés sur les marches de la Bourse, alors qu’il s’agissait de faire corps pour la #Belgique unie. Ces drapeaux visibles sur les reportages TV montrent de façon insidieuse l’objectif que souhaite atteindre Daesh : la réaffirmation d’un communautarisme social et ethnique dans la plupart des pays d’Europe occidentale frappés par Daesh. Je ne suis pas dupe: ces drapeaux avaient comme vocation de lutter contre le racisme et d’apporter une réponse aux 200 manifestants d’extrême droite, mais, dans le même temps, il me semble qu’en exhibant les drapeaux on donne raison à l’extrême Droite et à Daesh qui souhaitent une dislocation de la communauté belge et occidentale dans lesquelles vivent les immigrés.

En France, rien de tel lors des marches concernant Charlie et le Bataclan, mais cela ne veut pas dire que les responsabilités ne sont que du côté belge. On accuse certains bourgmestres belges d’avoir favorisé l’instauration du communautarisme musulman, mais certains maires en France aussi, au nom de la paix sociale, de la référence aux grands frères et d’un clientélisme politique, ont utilisé les immigrés pour avoir moins de problèmes dans leurs communes. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, en réponse aux attaques de Michel Sapin, Ministre des Finances, sur le laxisme des autorités belges lors de son passage dans l’émission de Jacques Bourdin sur RMC.

 

Les aspects de la politique de la ville et de l’intégration des minorités en Europe n’ont pas été traités de façon crédible. On a cru qu’en rénovant les quartiers, en donnant des subventions aux populations immigrées, en installant des politiques de discrimination positive, en valorisant les diversités comme modalités d’accès aux fonctions politiques à Gauche comme à Droite dans notre pays la France et en appelant des femmes noires, maghrébines, immigrées ou nées en France de parents immigrés à occuper des postes ministériels, on donnait un signal fort aux politiques de l’intégration. La réalité, c'est l'échec. La société française reste bloquée, les mentalités coloniales n’ont pas disparu et les considérations racistes sont toujours présentes mais de façon discrète dans les esprits et dans les rapports sociaux, même pour des Français d’origine immigrée. Evitons de se voiler la face en prenant des prétextes. On trouve dans les rangs de Daesh des intellectuels, des personnes qui ont fait des études importantes aux Etats Unis, en France et ailleurs. Au Moyen-Orient les Américains ont joué un jeu dangereux en valorisant les chiites irakiens contre les sunnites de Saddam Hussein. Un certain nombre d’étudiants sunnites, très diplômés, ne peuvent pas trouver un emploi en Irak dominé par les chiites. En France nous sommes dans la même situation pour les enfants non caucasiens avec un phénotype différent qui éprouvent beaucoup de difficultés à trouver un emploi malgré leurs diplômes.  C’était vrai hier, encore aujourd’hui et peut-être demain. C’est le catholique que je suis qui n’aime pas l’injustice et qui le dit haut et fort : j’ai dit. #Etat Islamique #Terrorisme