Le Président Hollande a été confronté ce soir à quatre Français avec leurs préoccupations et inquiétudes propres. Hollande répond de façon générale alors que les interlocuteurs demandent des réponses précises. Il utilise une tactique fondée sur la reprise des questions formulées pour répondre de façon trop générale.

 

Première intervenante

Concernant le recrutement sur le marché du travail sous forme de CDD, il y a une incompréhension entre la Chef d’entreprise et le Président. La Chef d’entreprise estime que les CDD sont surtaxés, ce qui est une contradiction au moment on souhaite libéraliser le marché du travail. Nous sommes au cœur d’une contradiction essentielle de la loi Khomri: comment protéger les salariés tout en leur octroyant des CDD qui sont surtaxés, ce qui à l’heur de ne pas plaire aux chefs d’entreprise qui n’embaucheront pas. Le Président recherche la synthèse : stabilité pour les salariés et stabilité pour les chefs d’entreprise. C'est un modèle perdant-perdant au lieu d’être gagnant-gagnant.

Le Président est mal à l’aise car il lui faut concilier son idéologie socialiste et son virage libéral dans la gestion de l’économie. Son problème est qu’il n’explique pas, il se contente de commenter les décisions prises.

 

Deuxième intervenante

Le combat contre le djihadisme et le salafisme. L’interlocutrice demande pourquoi nous en sommes arrivés là, pourquoi cette jeunesse française a perdu espoir. Pour le Président, la riposte au djihadisme et au salafisme est l’application radicale de la laïcité. C’est une réponse large et insuffisante  qui ne répond pas à la question « pourquoi en sommes nous arrivés là ». Le Président déploie son argumentaire dans le sens d’une protection plus accrue, or la vérité selon la journaliste Salamé est que les communes manquent de moyens et de stratégies pour combattre les prémisses du djihadisme (il y a en ce moment 200 filles françaises en Syrie).

Le président Hollande est en position défensive sur cette question, on le voit, même s’il montre une bonne volonté pour convaincre l’assistance (création de centres de dé-radicalisation). Sur la déchéance de nationalité et l’échec de sa constitutionnalisation, le Président a été crédible dans les réponses données à Léa Salamé (journaliste).

 

Troisième intervenant 

Un militant actuel du Front National, père de quatre enfants,  qui, hier, votait socialiste,  estime qu’on en fait trop pour l’immigration alors que les Français qui doivent bénéficier des aides sont laissés sur le carreau (aide sociale, logement, etc.). D’autres questions ont été abordées : pouvoir d’achat, minimum vieillesse. Hollande estime que des mesures ont été prises pour permettre aux Français qui ont commencé à travailler très tôt de partir de bonne heure à la retraite. L’interlocuteur a posé des questions très précises sur les fermetures des entreprises locales en interpellant le Président. Réponse de celui-ci : la région sera ré-industrialisée et re-dynamisée.

Le Président Hollande donne des réponses vagues et acquiesce quand l’interlocuteur lui dit pourquoi il vote Front National à cause d’une  colère et non parce qu’il est raciste. Le Président entend sa colère et lui demande de regarder les solutions proposées par le Front National qui ne sont pas bonnes. Le débat avec les journalistes a aussi porté sur les relations internationales de la France au Moyen Orient et le rôle joué par les pays de l’alliance (Etats Unis, France, Grande Bretagne) en Syrie contre Daesh. Le Président a du éclairer les rapports entre les pays de l’alliance et la Russie en montrant que la France a eu raison de combattre Al Assad.

 

Dernier intervenant

Un participant aux Nuits debout , qui a voté pour la première fois en 2012 pour Hollande, estime qu'il s’est renié sur la question de la jeunesse. Hollande estime qu'il travaille pour la jeunesse.

Concernant sa candidature, rendez-vous est fixé à la fin de l'année.  Hollande estime qu'il est à la fois courageux et sensible.  #Élections #François Hollande #Gouvernement