Le Président Hollande est instruit et intelligent de manière académique (je l’ai toujours dit et répété sur ces pages de Blastingnews), mais la question peut se poser sur le plan pratique : comment n’a-t-il pu pas voir venir le piège que lui tendait la Droite ?  Il aurait pu être averti du piège à cause de l’ambiguïté des débats au sein de la Droite républicaine entre Sarkozy et Fillon. Sarkozy était pour la déchéance de nationalité mais pas Fillon qui considérait celle-ci comme un gadget politique, et les faits lui donnent raison. Hollande a voulu tendre un piège à la droite en s’appuyant sur les émotions après la tuerie du Bataclan et les assassinats des Français à Charlie Hebdo et dans les restaurants du 11ième arrondissement. Dans un premier temps la Droite a donné son accord pour montrer qu’elle était en empathie avec la population française, ensuite les manœuvres politiques et idéologiques ont refait surface en encerclant Hollande. Il faut aussi noter que cette déchéance de nationalité n’a pas été expliquée de manière très pédagogique par l’exécutif. On s’est contenté de présenter cette mesure comme l’alpha et l’oméga d’une nouvelle pratique alors que celle-ci est ancienne.

 

Hollande a poussé le bouchon assez loin en se séparant de son ministre de la justice Taubira (femme intelligente et éloquente) et en essayant de s’affranchir des revendications, quelques fois justes, d’une partie de la Gauche socialiste. #François Hollande, sans le dire, veut changer le logiciel idéologique et politique de la Gauche socialiste. Il veut construire un nouveau Parti Socialiste à sa main, sauf que la vieille garde socialiste veille.

 

A la déchéance de nationalité est venu s’ajouter le texte portant sur le travail, appelé Loi Khomri. Cette loi est contestée car non expliquée de façon pédagogique aux forces vives de la Nation.  Cette loi est bonne par certains de ses aspects, en revanche les syndicats l’ont instrumentalisée négativement auprès de leurs militants et des élèves et étudiants en montrant que cette loi désavantageait les futurs acteurs de la population active. Ici et maintenant l’absence de méthode et d’explication est à mettre du côté de l’exécutif qui crée des réformes positives pour la France mais qui manifestement incapable de les expliquer en s’affranchissant des principes basiques des démocratiques participatives et délibératives.

 

Le Président Hollande est confronté à une situation difficile. Il lui reste, pour justifier la fin de son quinquennat, à expliquer lors de son débat télévisé avec les Français sur France 2 en avril, que c’est la Droite qui n’a pas joué le jeu démocratique. Il lui reste à s’accrocher à certains résultats plus ou moins positifs concernant la croissance, la lutte contre les déficits et la cagnotte des 6 milliards d’euros. Peut-être que les Français accepteront de lui faire crédit, donc confiance, pour un second mandat, mais j’ai bien peur que cela ne suffise pas et que le Président, qui est arrivé de façon surprenante aux affaires, reparte aussi de façon surprenante. A moins que Hollande, qui nous a habitués à des synthèses et à une analyse fine de la vie politique française, lui le Chef de guerre en Afrique, nous sorte un coup KO pour gagner in extremis l’élection présidentielle de 2017. C’est à voir. Que la Droite française sorte de ses foutues primaires pour désigner un candidat porteur de l’alternance pour la nouvelle France réformée et gagnante réellement. #Gouvernement #Président de la République