Les contestataires de la Loi Khomri obligent la société à regarder avec intérêt et curiosité ce nouveau mouvement qui se dit ni de Droite, ni de Gauche, mais qui chaque soir rassemble plusieurs manifestants pour se réapproprier la démocratie. Ce mouvement de citoyens estime que ni la Droite, ni la Gauche ne sont capables d’apporter des réponses claires concernant l’avenir des jeunes gens et jeunes filles et que le temps est venu de privatiser l’espace public et de le dire haut et fort.

 

Dans le même temps Emmanuel Macron, Ministre de l’Economie, ancien banquier chez Rothschild, fer de lance de François Hollande pour la rénovation du parti socialiste, concurrent avéré du Premier Ministre Manuel Valls, vient de créer son mouvement qui intrigue et qui fait peur. Emmanuel Macron estime que son mouvement n’est ni de Droite, ni de Gauche et il souhaite par son mouvement prendre date dans la société française en créant un cadre qui permet l’adhésion de toutes les forces vives et utiles pour redorer le blason d’une démocratie confisquée par les professionnels de la politique de Droite et de Gauche.

 

Les deux mouvements éloignés l’un de l’autre par leurs objectifs et missions  principaux se rejoignent sur un point : il est temps de faire de la politique autrement et de revivifier la démocratie différemment qu’à travers les appareils politiques qui aujourd’hui sont plus à la remorque de la société, alors que, par leurs programmes, ils devraient être les fers de lance et les porte-paroles d’une nouvelle démocratie. Ces mouvements sont-ils des feux de paille ? Des feux-follets ? Ou bien le début d’une structuration éventuelle de nouveaux petits modèles démocratiques qui, par leur fraicheur, favorisent la recomposition du modèle démocratique universel ? La Nuit debout ressemble-t-elle aux Indignés de Pablo Iglesias en Espagne ? Peut-on lire dans ce mouvement des ressemblances avec le mouvement Occupied Wall-Street aux Etats Unis ? Le mouvement Occupied Wall Street a disparu sans laisser un message réellement fort au-delà de la simple dénonciation de la place grandissante de la finance dans nos sociétés.

 

Le mouvement Nuit debout instaure dans les faits les principes de démocratie délibérative et participative car les décisions sont prises chaque jour et on assiste à un essaimage du mouvement dans la plupart des villes françaises via les réseaux sociaux. Cet essaimage technologique se traduira-t-il réellement dans les faits ? Comment les différentes communes réagiront-elles alors qu’à Paris Madame Hidalgo semble embarrassée car elle ne sait pas quelle décision prendre en relation avec la Préfecture de Paris ?

 

Le mouvement En marche de Macron est intéressant et dans le même temps fragile. Macron apparait comme un homme politique neuf, instruit, intelligent, compétent professionnellement et qui livre un message qui reste encore flou, indécis et sans contours réels. Est-il au centre ? Est-il aux extrêmes des partis politiques de Droite et de Gauche ? Son message politique est-il celui de la compétence dominé par l’économie ? Macron veut casser les codes des partis et livrer un message sous forme de projets de société du vivre-ensemble. Comment souhaite-t-il construire son message dans un pays comme la France où les principes de solidarité, d’égalité et d’émotion surplombent quelques fois la compétence professionnelle ? Macron a lancé une bouteille à la mer, il doit veiller à ce qu’elle ne se remplisse pas trop vite car elle reste de couler et lui avec. La Nuit debout restera-t-elle suffisamment les yeux ouverts pour ne pas s’endormir ?

 

Dans les deux cas, il reste à Macron et aux protagonistes inconnus de la Nuit debout de bien rester sur le pont du Titanic, de regarder l’horizon et de quitter le pont pour d’autres horizons plus enrichis au moment où le bateau Titanic coule. #Union Européenne #Élections #Gouvernement