La #Grève est apparue sous Napoléon III. Elle a été légalisée le 25 Mai 1864. Elle appartient à l'alinéa 7 du Préambule de la Constitution de la IVe République. On peut la définir comme un rapport de forces, engagé par les salariés généralement, pour faire entendre leurs revendications quand le dialogue est rompu. Obéissant à des règles précises, le droit de grève ne relève pas du caprice, mais de la nécessité de faire entendre ses droits. Allant contre la logique de profit de l'entreprise, ou poussant l'Etat dans ses retranchements, elle est vivement décriée par ces derniers qui jouent sur les passions égoïstes de l'être humain pour déplacer le conflit entre les salariés.

 

François Hollande joue cette carte en choisissant l'usure du mouvement et en refusant le dialogue. Son attitude, mettant à jour la violence invisible du droit par l'adoption de la loi sur le travail par décret, est un acte antidémocratique. Le gouvernement peut  prendre des décisions par ce biais, lorsqu'il sait que la loi ne passera pas. C'est l'article 49 - 3 de la Constitution de la Ve République. Le gouvernement engage sa responsabilité, à moins qu'une motion de censure ne soit déposée 24 heures avant. C'est ce qui s'est passé le 10 Mai dernier. Manuel Valls a engagé la responsabilité gouvernementale à propos de la loi sur le travail.

 

Le droit se donne alors sans masque sous sa dimension de rapport de forces. Rousseau, à ce propos, parlait de "Contrat de dupes". Le riche invente le droit pour défendre d'abord sa propriété. Il tient de beaux discours pour séduire le pauvre. Ou encore, si on lit Marx, le bourgeois, détenteur des moyens de production, met en place un système pour casser la grève et surtout liguer les ouvriers les uns contre les autres. Ceci est d'autant plus aisé que les médias collaborent à ce système, l'Etat contrôlant une partie d'entre eux, via le service public ou de façon plus détournée.

 

Le droit ne saurait être "tordu" si on en croit l'étymologie. Le droit redresse les penchants de la société à cultiver les inégalités, la société étant le lieu des échanges économiques et de la violence, parfois, de ces échanges. Les règles sociales, telles la politesse, la courtoisie, ne suffisent à garantir la justice. Au-delà des règles, variables d'un pays à l'autre, il y a la loi. Gouverner par décret, c'est nier la souveraineté du peuple, de la loi et de son universalité. A cette décision, opposer le droit de grève n'est pas un acte de brigandage. C'est tenir la loi à l'écart, qui est inquiétant. Quand le brigand me menace, écrit Rousseau, je n'ai plus qu'à lui donner ma bourse.

 

Faire grève c'est refuser de céder à la force brutale du mercenaire.

 

Un Etat autoritaire, c'est l'autorité de l'école contestée

L'énigme de la rencontre ou l'aveuglement d'Oedipe

Le sens de l'histoire : Paul Klee #Démocratie #Société