Monsieur Martinez, Secrétaire national de la CGT, estime que le Premier Ministre Valls et d’autres membres de la majorité sont responsables de l’opprobre jeté sur la CGT. L’objet de cette opposition est bien la loi Khomri que refuse Martinez et que souhaitent Valls et le Président de la République. Sur ces pages de Blastingnews, j’avais dit que le #Gouvernement manquait de méthode à propos de la loi sur le travail. Les faits m’ont donné raison car le gouvernement essaie de sauver les meubles en explicitant la loi Khomri, ce qui aurait du être fait en amont.

 

Si on regarde les choses de très près, on s’aperçoit (et là, je suis désolé, je l’avais encore annoncé) que le couple Valls/Hollande procède à son Bad-Godesberg, mais à la hussarde. En 1959, le Congrès de Bad-Godesberg permettait au SPD (parti socialiste allemand) de faire la synthèse entre le socialisme et l’économie de marché. Le Parti Socialiste français a toujours refusé de le faire et il n’est pas étonnant aujourd’hui que les électeurs Cégétistes qui avaient voté pour #François Hollande sur un programme précis, se sentent floués et délégitimés par la loi El Khomri.

 

Au sein de cette confrontation dans le couple Valls/Martinez, le Premier Ministre a beaucoup plus à perdre. On part d’une absence de communication sur le projet à un flottement sur la façon de faire et à un recadrage qui laisse une porte ouverte à des négociations éventuelles, même si le Président de la république estime que le loi sera effective, qu’elle n’est pas négociable et que le 49.3 pourrait s’appliquer au mois de juillet, au moment de son retour du Sénat pour une discussion à l’Assemblée.

 

Martinez est à son "aise", il n’a rien à perdre. Compte-tenu de l’étiage que subit sa confédération dans les différents votes professionnels, il préfère la confrontation afin de montrer à ses troupes que seule la CGT résiste au gouvernement,  alors que d’autres confédérations syndicales (FO, mais surtout la CFDT)  sont prêtes à négocier. Le débat actuel sur la loi El Khomri ressemble  au bras de fer entre Nicolas Sarkozy et les syndicats en 2010 à propos des retraites. Il y a eu des blocages de raffineries. Nicolas Sarkozy n’a pas cédé et il a gagné parce que la population s’est retournée contre les organisations syndicales. Le couple Hollande/Valls veut réitérer la même procédure méthodique. Le problème est qu’un certain nombre de nos compatriotes (et peut-être la majorité) ne veut pas de cette loi El Khomri. Pour certains de nos compatriotes (et pas que la CGT), la loi El Khomri abaisse les droits des salariés en faisant d’eux des variables d’ajustement par rapport à la baisse ou la hausse de l’activité économique. Que la Droite républicaine et le Centre, qui sont mes familles politiques, méditent les erreurs du parti Socialiste, son absence d’anticipation, sa mauvaise structure en matière de communication, pour dire aux Français ce qu’ils feront si d’aventure le peuple français accorde à LR et au Centre ses suffrages.

 

Les candidats LR à la primaire essaient de dire ce qu’ils feront s’ils ont élus. C’est bien  de se pavaner et de se répandre en disant que l’on va gérer et réformer le pays, soit par ordonnance, soit par référendum, mais c’est un peu court car ma famille politique ne doit pas mentir aux Français sur la réalité du monde que certains de mes compatriotes ne voient pas toujours. Cette réalité est brutale : c’est la mondialisation productive, commerciale et financière. De nouveaux modèles économiques émergent. Les Américains veulent libéraliser le monde avec le traité de la TAFTA (libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis) qui libéralise l’entrée des produits américains sur le marché européen sans réglementation, et vice-versa, et qui introduit des protocoles de liberté allant des marchandises jusqu’aux services. Il faut que ma famille du Droite et du Centre ne commette pas les erreurs du PS et explique la réalité.

 

C’est à ce prix que les Français donneront leurs voix à LR et au Centre. #Manuel Valls