Comme je l'ai déjà écrit sur Blastingnews (et à posteriori les faits me donnent raison), il n’y a pas une gauche mais des Gauches. Le cirque des frondeurs, leur refus stratégique de ne pas avoir une base nécessaire pour déposer la motion de censure visant à renverser Valls sont absolument honteux. Christian Paul, député PS de la Nièvre, frondeur, dit qu’une possibilité d’une deuxième motion est à attendre. Quelle rigolade car rien de ce qu’il dit ne se fera. La plupart de ces frondeurs ne veulent pas provoquer une crise gouvernementale, car ils tiennent tellement à leurs privilèges et à leurs intérêts. On peut, dans l’absurde, leur reconnaitre un mérite qui est celui d’avoir bravé Hollande et Valls en estimant qu’eux seuls représentent la vraie Gauche au PS et que Valls, rocardien dans l’âme, est plutôt libéral que réellement de Gauche. Certaines mauvaises langues, mais je leur en laisse la responsabilité, disent que Valls a évolué et qu’il s’est retrouvé des vertus cardinales de Gauche, lui qui était un social libéral déjà sous Rocard.

 

Le Premier Ministre est obligé d’affronter les atermoiements et la stratégie de synthèse de Hollande à propos de la loi Khomri. La loi Khomri 1, canal historique, est la mouture de Valls validée par le patronat et la Droite qui était prête à la voter. Le Président Hollande, adepte de la synthèse et tenant compte des considérations idéologiques des frondeurs et de leurs récriminations, a demandé que la CFDT rentre dans le jeu, ce qui nous a amené la loi Khomri 2 qui n’est acceptée par personne, ni par les patrons, ni par la Droite, ni par les frondeurs. Et pourtant, il faut le reconnaître, la Droite LR, à laquelle j’appartiens au plan idéologique, a été incapable de réformer le marché du travail comme vient de le faire le Parti Socialiste. Il faut le dire et ne pas, comme nous le faisons dans notre beau pays, se réfugier derrière les considérations partisanes pour ne pas reconnaitre les avancées positives de l’adversaire en matière de réforme. Intellectuellement dans notre pays fondé sur la division, on ne sait pas faire ce que moi, ici et maintenant, et d’autres, mettons en lumière. On peut s’opposer, mais quand on est gentleman des idées et sûr de sa force intellectuelle, il faut reconnaître à l’autre le mérite de ses idées positives.

 

Comme pour la déchéance de nationalité, comme pour la loi Khomri et comme pour d’autres décisions, le Parti Socialiste et surtout le #Gouvernement manquent de communicants et de stratèges dans ce domaine. Comment des mesures bonnes pour la France dans le domaine des réformes finissent par se traduire en eau de boudin ! Il manque aux communicants du Parti Socialiste une stratégie maîtrisée à l’africaine, dite de la palabre permanente, pour faire connaitre les revendications ou les exigences dont on est porteur. La palabre à l’Africaine, intégrée et maîtrisée dans le corpus intellectuel de Descartes, finit par devenir un excellent instrument de communication.

 

Si Hollande perd les élections, il ne devra s’en prendre qu’à lui-même et à ses équipes de communication qui ont été en dessous de tout, il faut noter que la loi Khomri au départ devait être pilotée par le chouchou des sondages, à savoir Emmanuel Macron. Le Premier Ministre Valls, pour des raisons qu’il devra éclaircir, à fait le choix de la Ministre Khomri, moins expérimentée et plus hésitante, comme toute la France a pu le constater lors de son passage dans l’émission de BFMTV/ RMC avec Jean-Jacques Bourdin. Il ne s’agit pas d’enfoncer Madame Khomri, qui démarrait un métier dont elle n’avait aucune base, mais qui satisfaisait le Président Hollande car Madame Khomri appartient aux minorités dites visibles. Monsieur le Président, avec tout le respect lié à votre fonction, Nicolas Sarkozy l’avait fait avant vous en nommant Rachida Dati à la Justice. Nommer Madame Khomri au Ministère du travail c’est facile, mais gérer les Gauches éclatées du Parti Socialiste cela va être un peu plus compliqué pour vous. #François Hollande #Manuel Valls