Militant LR, j’ai toujours dit ici et maintenant sur les pages de Blastingnews que le Président Hollande était intellectuellement au point académiquement, compte-tenu de ses nombreux diplômes (HEC, Sciences Po, ENA) et selon les critères de l’ « intelligence à la française ». Sur le plan politique, il est aussi habile et il fait la synthèse à son avantage. En France, on n’a pas l’habitude de reconnaître à l’adversaire un certain nombre de mérites. Ainsi va mon beau pays d’intelligences superposées.  Je ne voterai pas pour Monsieur Hollande s’il est candidat en 2017, en revanche il faut lui reconnaître une dose de finesse politique et de malice intellectuelle.

 

Dans sa conversation avec le journal des Echos (29 juin 2016), le Président Hollande assume subtilement les deux positions : celle de Président qui continue à prendre des décisions (renforcement du CICE, primes à l’embauche dans les PME prolongées, promesse d’une baisse des impôts pour les classes moyennes, demande de contreparties au MEDEF, etc.) et celle qui consiste à se comporter en candidat pour les primaires à gauche en décembre. Il faut décoder le sous-texte qui motive le comportement du Président Hollande. Il fait un double pari qu’il pense gagnant :

  1. donner l’impression qu’il continue à réformer la France en insistant sur la continuation des décisions prises au niveau du CICE, rester inflexible sur la loi El Khomri – quitte à utiliser de nouveau l’article 49.3 -, montrer qu’il est un grand dirigeant européen en prenant l’initiative de dicter le comportement en matière de sortie rapide de l’Union européenne à la Grande Bretagne après son référendum sur le Brexit ;
  2. fustiger les programmes de la Droite en montrant que ceux-ci sont inconséquents et populistes pour la société française, il estime qu’il n’y a pas une feuille de papier (malgré les nuances) entre les programmes de Juppé, Sarkozy et Fillon. Le candidat Hollande est de retour et, en animal politique au fait de la stratégie mitterrandienne de la perturbation de l’espace politique, il agit ainsi pour que Sarkozy arrive en premier aux primaires car il sait qu’il y a un rejet fort de celui-ci à Droite, au Centre, à Gauche et à l’extrême-Droite. Sarkozy, candidat à l’élection primaire pour la Droite, serait du pain béni pour Hollande car il estime Sarkozy faible stratégiquement et intellectuellement. Ce ne serait pas le cas si c’était Juppé ou Fillon, voire Lemaire qui sortait vainqueur des primaires à Droite.

 

La Droite est prévenue : Hollande est de retour, il fait le pari que les primaires à gauche ne se feront pas et, même s’il les a appelés de ses vœux, c’est par stratégie et habileté pour mettre en difficulté les frondeurs les Verts qu’il a fait explosés et les Communistes qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Quant à Mélenchon, viendra le moment où celui-ci se ralliera pour une estime et une reconnaissance à peu de frais pour Hollande, mais à un niveau élevé politique pour le représentant de la Gauche « mélenchonniste ». Ainsi est le Président Hollande qui oblige le Premier Ministre à suivre sa stratégie en le disant haut et fort, car la fenêtre d’opportunité de Manuel Valls est étroite et pour l’instant refermée. Hollande a besoin de Macron qui peut lui ramener certains socialistes libéraux ou conservateurs de Droite et de Gauche.

 

Il est malin le Président Hollande. Il a largement appris à l’école mitterrandienne. Voici la Droite prévenue. Il y a  la campagne des primaires de laquelle sortira un leader qui devra obliger les vaincus à signer un pacte de non agression et une charte du « tous ensemble » contre Hollande. Ne pas le faire, c’est donner à Hollande, Président candidat, deux fenêtres d’opportunité, l’une en tant que Président, l’autre comme candidat qui risque d’ouvrir soit les deux fenêtres, soit l’une de celles-ci, pour gagner en 2017. Voici la Droite prévenue par le simple militant LR qui a assumé les fonctions de conseiller municipal à Alfortville de 2008 à 2014. #Élections #François Hollande #Président de la République