En observant la scène mondiale, voilà ce qui saute aux yeux :

  • Plus vous êtes Afro-subsaharien, plus vous êtes précaire.
  • Plus vous êtes une femme afro-subsaharienne, et votre sort est des plus tristes.
  • Plus vous êtes une femme afro-subsaharienne et francophone, et plus votre situation est chaotique.

Pour finir, parfois, on se demande si la langue de Molière n'est pas carrément contre les #Femmes Africaines au sud du Sahara.

 

L'#Afrique anglophone plus promotrice de ses femmes que l'Afrique francophone

Prenons l'Afrique sous les dimensions économique et politique, et nous comprendrons tout. Au plan économique, les femmes millionnaires et milliardaires du continent sont toutes anglophones. A notre connaissance, il n'y a pas de femme francophone millionnaire en Afrique. Au plan politique, le Liberia a pour présidente de la République, Mme Ellen Johnson Sirleaf. Le Malawi a eu une présidente de la République : Mme Joce Banda. Et l'Union Africaine est présidée par une femme, originaire d'Afrique du Sud, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma. Cela veut dire que les trois femmes les plus puissantes du continent africain sont des Anglophones.

 

Du côté de l'Afrique francophone, les deux seuls cas de présidentes de la République enregistrés sont des intérims. Le Gabon a brièvement été dirigée par une femme : Mme Rose Francine Rogombé. Pendant sa crise politique, la Centrafrique a aussi été brièvement dirigée par une femme : Mme Catherine Samba-Panza

 

De la banalisation d'une situation de fait défavorable, à l'acceptation d'une absence caractérisée

Il convient de s'exprimer sur le sujet, sans complexe ni excès de subjectivisme, en toute rationalité. En effet, la situation est grave et préoccupante car elle est tenue pour acquise, à telle enseigne qu'elle ne choque personne. Tout se passe comme si nous étions dans une situation normale. Aucun remord. Au contraire, tout est fait pour que cette situation dure encore. Une unanimité s'est faite autour de l'idée que les pays francophones d'Afrique, et même les institutions africaines et les institutions mondiales, ne doivent être dirigés que par les hommes. Pour exemple, les pays Africains francophones ne soutiendront jamais la candidature d'une femme africaine francophone au Secrétariat de l'ONU, de l'OMS, de l'UNESCO, du FAO, de la Francophonie, de l'UA... etc. Ils soutiendront toujours UN CANDIDAT. Ou alors, une Africaine Anglophone promue par son pays. On comprend alors que l'élection de Mickaëlle Jean à la tête de la Francophonie relève d'un miracle !

 

Des préjugés farfelus pour maintenir le statu-quo

Si vous interrogez les Africains francophones sur l'absence des femmes dans l'arène politique, ils vous répondront que la majorité des analphabètes dans leur espace, ce sont les femmes. Ce qui est faux ! En effet, aujourd'hui, on peut le dire sans se tromper, il y a beaucoup de femmes intellectuelles en Afrique francophone. En plus, elles sont très douées. Et dans certains domaines, elles tiennent la dragée haute aux hommes.

 

Des obstacles inacceptables pour empêcher les femmes de briguer la magistrature suprême

Dans les pays francophones africains, une caution financière est exigée pour les candidats à l'élection présidentielle. Cette caution n'est pas moindre, ce sont des dizaines voire des centaines de millions de Francs CFA selon les pays. Or, il est de notoriété que les femmes francophones sont les plus pauvres du continent. Du coup, ne pouvant payer cette caution de plusieurs millions de FCFA, nombreuses sont celles qui renoncent à l'élection présidentielle. Et voilà comment dans les pays francophones d'Afrique, sur 10, 20, 30, 50 candidats à l'élection présidentielle, on a une, voire deux candidates - qui jouent les "accompagnatrices" car on sait d'avance le résultat, – quand tous les autres candidats sont des hommes.

 

Devant cette situation, on peut se demander si l'Afrique francophone a, une fois, entendu parler de femmes comme Simone de Beauvoir, Elizabeth Badinter et Ségolène Royal. Ce n'est pas si sûr. #Démocratie