"Les enseignants sont tout le temps en grève, comme les autres fonctionnaires d'ailleurs". Voilà une remarque qu'on entendait jadis au café du commerce devant un rouge-limé, et qui est devenu aujourd'hui une image d'Epinal sur les chaînes d'information en continu, et un leitmotiv des débats à la radio. Mais en choisissant de déposer des préavis de grève entre le 15 Juin et le 5 Juillet, le SNALC-FGAF change les modalités de l'action en prenant un risque qui témoigne de son sentiment d'urgence face aux changements dans l'#Education Nationale.

 

Comment en est-on arrivés là?

 

Alors qu'en 2013 commence le chantier de la Réforme du Collège, et que la rue de Grenelle semble vouloir être un lieu de dialogue et de concertation, le SNALC-FGAF propose une Réforme. Il pose sur la table des négociations un projet pour le collège, et un autre pour le lycée général comme pour le lycée professionnel. Mais ces deux projets resteront lettres mortes. Il y aura bien une concertation lancée par le Ministère, mais par le biais - assez biaisé - d'un questionnaire par Internet...

 

Dès le départ, le SNALC, comme d'autres syndicats tels que le SNES, FO, SUD et la CGT, pointe les dangers de la Réforme portée par Najat Vallaud-Belkacem : suppression d'heures de Français, Accompagnement Personnalisé en classe entière et pris sur des heures de cours déjà en diminution, Enseignements Pratiques Interdisciplinaires récréatifs mais pédagogiquement discutables... Mais au lieu d'écouter les critiques et recommandations des professionnels de l'Education, le Ministère préférera tancer les "pseudo z'intellectuels" et ces gens qui sont "contre la réussite des élèves".

 

Arrivent ensuite les nouveaux programmes... La stupeur des syndicats qui s'opposent déjà à la Réforme est grande. Disparition des auteurs ainsi que de pans entiers de la linguistique française (compléments du verbe qui avaient déjà remplacé les COD et COI). Coupes Franches dans les programmes des Humanités. Absence de bornage des programmes de Sciences, et gloubiboulga en sixième...

 

Vient enfin la mise au placard du Redoublement. Il subsiste en théorie, en ce sens qu'en cas de "rupture avec les enseignements", les parents peuvent le demander avant les Conseils de classe, par le biais d'une fiche qui vient en sus de la traditionnelle fiche de dialogue. Le problème : dans certaines académies, la dite fiche est arrivée trop tard pour être distribuée avant les Conseils de classe... Reste le "maintien". Cette nouvelle possibilité existe si un élève, en fin de seconde, se met en danger en choisissant une filière qui ne lui convient pas, ET si l'élève en question et sa famille ne veulent pas accepter une autre filière. Si le désaccord persiste : discussion avec le Chef d'Etablissement... si le désaccord persiste et signe : commission d'appel.

 

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Les enseignants se sentent aujourd'hui comme les participants d'Intervilles devaient se sentir autrefois. Il y a des arènes, des vachettes, des structures gonflables et des règles que plus personne ne comprend... et à la fin, un jeu de questions / réponses totalement truqué.

 

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Quelle grève des examens?

 

Alors, face à ces changements passés par décret, et face à l'autisme affiché rue de Grenelle, une Intersyndicale a mené des actions, organisé des manifestations toujours éclipsées par celles des agriculteurs ou des taxis parisiens, que les médias semblent trouver plus intéressantes car plus nuisibles, le SNALC-FGAF a déposé des préavis de grève qui couvrent la période des examens.

 

Il ne s'agit pas de dire aux collègues de ne pas corriger le Baccalauréat, ou de faire de la rétention de notes. Cela serait illégal et contraire à l'éthique des enseignants. Il s'agit de faire la grève lorsqu'on est convoqué pour surveiller le brevet et le baccalauréat, par exemple. Pour F. PORTZER, président du SNALC, il faut "laisser les IPR et Encadrants venir surveiller les examens. Qu'ils fassent remonter l'exaspération du terrain !". #Gouvernement #Manuel Valls