L’union nationale, le patriotisme, la cohésion nationale, tous ces concepts qui doivent signifier le rassemblement des Français face au terrorisme, ont été vertement critiqués par #Nicolas Sarkozy ce soir (17 juillet 2016) sur TF1. Il estime que Hollande et le gouvernement de Valls ne sont pas à la hauteur des défis et des enjeux du #Terrorisme que formule Daesh à la France. Pour Nicolas Sarkozy, rien n’a été fait pendant 18 mois pour fermer les lieux de culte des fondamentalistes, pour reconduire à la frontière les radicaux islamistes et pour construire une véritable ceinture de sécurité autour de la maison France. Il estime que les décisions du gouvernement pour la cohésion nationale visent à neutraliser le débat démocratique. Il pense qu’il a le droit de s’exprimer et de critiquer le gouvernement. C’est le patron de l’opposition, il en a le droit et l’autorité.

 

Mais, on reste néanmoins un peu interloqué : Sarkozy ne dit rien des escapades de la France et de l’Occident et des ambigüités de ceux-ci en matière de politique étrangère au Moyen-Orient et surtout de l’attitude de notre pays vis-à-vis de certains pays du Moyen-Orient qui alimentent et financent le terrorisme « daeshiste ». Nicolas Sarkozy montre les muscles, mais la guerre asymétrique que mène l’Occident vis-à-vis du terrorisme, ne peut être gagnée totalement même si le Président de LR veut que la France mène une guerre totale. L’attentat de Nice a montré que les terroristes ne manquent pas d’idées. Sans arme, sans bombe, un seul terroriste arrive à tuer énormément de personnes. Que Sarkozy dise comment, en tant que chef de guerre, il arrivera à circonscrire des loups solitaires jusqu’au-boutistes et décidés à commettre des meurtres. On comprend l’attitude de Sarkozy et, au nom des campagnes électorales qui s’ouvrent, les primaires et l’élection présidentielle de 2017, qu’il essaie de prendre une avance sur Juppé, Fillon et les autres. Mais la campagne électorale ne doit pas tout autoriser. Il faut raison garder et regarder la situation actuelle avec sang froid et ne pas ajouter la peur à la peur.

 

Le Président Sarkozy a raison de dire ce qu’il a dit, mais il n’a pas tout dit et on souhaiterait que l’on ne prenne pas les Français pour des naïfs et, au nom de la démocratie de proximité et d’opinion, qu’on leur explique notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive aujourd’hui. Notre pays la France, terreau des Droits de l’Homme, n’a malheureusement pas le monopole de dicter les modèles démocratiques au reste du monde, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie ou ailleurs. Le monde doit reposer sur une approche coopérative et il faut arrêter de donner des leçons de vie et de maintien car nous sommes dans un modèle démocratique mais qui est loin d’être parfait. La guerre contre le terrorisme est une guerre qui doit transcender les clivages idéologiques droite/gauche dont notre pays se repait de façon permanente. Les explications des commentateurs assermentés à la télévision restent limitées car, éduqués et élevés au sein de la rationalité objective et instrumentale, ils ont du mal à expliquer comment des intellectuels, des personnes bien sous tout rapport comme Monsieur Tout-le-monde (au nom de la subjectivité instrumentale) basculent dans le terrorisme en servant les desseins nocifs et nauséabonds de Daesh et du terrorisme mondial.

 

Nicolas Sarkozy estime que l’exécutif actuel est en dessous de tout. On peut s’interroger sur ce qu’il aurait fait s’il avait été aux affaires. Malheureusement, on ne le peut pas et on ne peut que faire des observations sur ses hypothèses de travail qui, pour l’instant, restent très générales, même s’il dit qu’il a été Président de la République, ce que l’on savait déjà. La campagne de 2017 est lancée par Sarkozy et les thèmes sont tout trouvés: islamisme, identité nationale, terrorisme, immigration, budget de l'armée, protection de la maison France. Avec un biais: silence absolu sur nos rapports avec le Proche-Orient. #François Hollande