On avait beau chercher ce jour, en milieu d'après-midi, sur le site du Figaro, nulle trace évidente de la comparution de son principal actionnaire devant le tribunal correctionnel de Paris. Ce pour blanchiment de fraude fiscale. Serge Dassault aurait dû expliquer pourquoi et comment il avait placé des dizaines de millions dans des paradis fiscaux insulaires exotiques, ainsi qu’au Luxembourg et au Liechtenstein.

 

Incidemment, une partie de ces sommes avait servi à l’ancien député-maire de Corbeil-Essonnes, peu avant les élections de 2009 et 2011, à récompenser certains services – toujours indéfinis – de divers habitants de sa commune, en particulier de jeunes gens issus de l’immigration maghrébine et influents au sein de leurs communautés locales.

 

L’enquête judiciaire avait débuté fin 2014 et depuis, le propriétaire du Figaro avait trouvé un arrangement avec les services de Bercy et rectifié sa déclaration devant la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Mais ce n’est qu’en Mars dernier que la date de l’audience de ce jour avait été fixée. Football avec l’Euro 2016, cyclisme avec le Tour de France : les contribuables français ont, en ce début Juillet, d’autres sujets de préoccupations.

 

C’est sans doute ce qui a incité la rédaction en chef du Figaro de classer très bas cette comparution dans la hiérarchie de l’information pour cette édition du 4 Juillet. Toutefois, en cherchant bien dans les archives du site, on trouvera mention de cette comparution sous la forme d’une dépêche AFP réduite à 140 mots, apparue sur le site en fin d’après-midi, le 21 Mars 2016. Et en cherchant mieux, mais sur Google, on s’aperçoit qu’aujourd’hui, à 06:48, une dépêche AFP de 218 mots avait bien figuré sur le site du Figaro. Elle n'apparaîtra dans les archives du site, en troisième position, qu'en fin d'après-midi.

 

Si le quotidien ne manque pas de développer les succès de Dassault Aviation ou de Dassault Systèmes, les mentions de son patron sont rarissimes. Une fois l’an, il adresse ses vœux aux lecteurs, et très occasionnellement, car le sénateur ne brille pas par son assiduité lors des débats parlementaires, son titre fait état de l’une ou de l’autre de ses interventions (ainsi, fin 2015, à propos du poids de la dette et des estimations de croissance). Mais, en Mars 2015, le quotidien avait signalé, en exactement 71 mots, que la Haute Autorité avait émis "un doute sérieux" sur les déclarations de patrimoine du sénateur.

 

En Novembre 2014, une fort laconique brève de la rédaction (76 mots) informait, avec le conditionnel qui s’impose que des juges auraient pu entendre un comptable suisse dans le cadre des affaires de "soupçons d’achat de voix à Corbeil", lequel comptable aurait pu aider à rapatrier (d’on ne sait où à la lecture de cette brève) quelque "53 millions d’euros".

 

Néanmoins, en Octobre 2014, après que trois voitures-bélier bourrées de produits incendiaires aient été projetées contre trois bâtiments municipaux de Corbeil, le site avait mis en ligne une vidéo de BFM TV évoquant un possible lien avec "le système Dassault". Serge Dassault avait été élu et réélu maire de Corbeil de 1995 à 2009.

 

Absent lors de son procès de ce jour, Serge Dassault était représenté par Mes François Artuphel et Jacqueline Laffont. Les débats devraient s’étaler sur trois jours… Une décision de report ou de poursuite du procès interviendra mercredi en début d’audience. Les enquêteurs avaient attendu de 2009 à 2013 pour s’activer, la #Justice décidera s’il lui faut davantage de temps pour trancher sereinement. #Fait divers #UMP