Pour Le Point, Emmanuel Macron aurait un éditeur – encore inconnu de l’hebdo – pour un livre sous-titré "En marche vers l’Élysée". Ce qui laisse supposer qu’il se présentera sous l’égide de son mouvement En marche (comme l’a indiqué Jean Lasalle, autre candidat, être soutenu par une formation conditionne l’acceptation de la candidature). Le conditionnel s’impose. Il lui faudra d’abord disposer du nombre minimal de parrainages (500 élus répartis entre 30 départements ou collectivités). Il s’appuiera sur les réseaux du sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, des députés PS Pascal Terrasse et Richard Ferrand, et sans doute d’élus centristes ou indépendants. Mais parvenu, à la grande surprise de ses collègues et d’autres, au gouvernement par la grâce de François Hollande, il ne devait confirmer sa probable candidature qu’en Décembre, si le président renonçait à se présenter, ou en Janvier, si les primaires du PS et affiliés désignaient un autre candidat que le locataire de l’Élysée. Le conditionnel s’impose encore, devenu admissible : il pourrait céder à l’amicale pression de ses amis et soutiens…

 

Un de plus ? De trop ?

Son entrée en lice ferait de l’élection de 2017 la plus disputée de la Ve République avec neuf candidats déjà déclarés susceptibles d’obtenir leurs parrainages, au moins deux ou trois autres sérieux (ceux issus des primaires, peut-être François Bayrou), et 23 (de Daniel Adam à Antoine Waechter, quasi inconnus hormis ce dernier, et Carl Lang, Henry de Lesquen et Gérard Schivardi) qui peuvent espérer une désignation, si ce n’est des prêts bancaires pour mener campagne. À 38 ans, Macron serait l’un des benjamins du peloton. Selon L’Express, il escomptait se déclarer mi-Septembre, mais les événements (et les sondages) auraient précipité sa démission. C’est sans doute en candidat potentiel qu’il interviendra dans la foulée devant l’université d’été du Medef. Pour Olivier Faure (PS), depuis le 15 Juillet et le lancement d’En marche, nulle surprise après cette annonce. La première réaction est venue de Gérard Filoche (PS) qui considère que le tour du ministre fera pschitt ! : ses idées "vont s’évaporer rapidement". Sauf, bien sûr, s’il ne s’agissait que d’un galop d’essai avant l’élection de 2022. François Hollande va consulter Michel Sapin, qui pourrait cumuler les postes ou adouber un replaçant à l’Économie.

 

Quel programme ?

"Ni à droite, ni à gauche" (donc de droite, veut l’adage) et plus du tout socialiste (s’il ne le fut jamais), Macron risque d’apparaître tel le candidat du Medef. Ce qui, dans un duel serré pour la seconde place, peut désavantager le candidat de l’ex-UMP (Les Républicains). Mais il peut aussi contribuer à infléchir les programmes – ou promesses – des uns (sinon de l’une, Marine Le Pen) ou d’autres. On connaît ses positions sur l’économie, fort peu sur le social, la politique étrangère, l’orientation de la défense, l’écologie, etc... Restera-t-il flou, usant de son charme encore juvénile, susceptible de lui valoir les suffrages de vieilles dames et de jeunes gens tentés par l'action politique, ou devra-t-il mieux se définir ? Son livre, attendu ces prochains jours, devrait donner une indication, selon sa dominante pipeule ou programmatique. Coqueluche de certains médias (tout comme Mélenchon, trublion utile et fournissant des titres accrocheurs), il sera contraint, notamment par Montebourg, et d'autres, de clarifier ses positions, ou plutôt ses arguments visant à s'attirer des voix. Il devra aussi défendre son action gouvernementale, contrecarrée par Manuel Valls ou les frondeurs du PS, aux fruits incertains si ce n'est dans le domaine de la libération des transports routiers de voyageurs. 

Ses adversaires soulignent que son moteur est davantage l'ambition personnelle. Ses déclarations sur le statut des fonctionnaires risquent de lui coûter des voix. Reprendre l'antienne de Sarkozy 2007 (travailler plus pour gagner plus) reste un peu court. Pour Bernard Rullier, "la rentrée débute par une sortie"#Economie #Élections #Emmanuel Macron