Il faut le dire sans craindre d’être contredit par les penseurs de Gauche : la Droite a gagné la bataille des idées avec Zemmour, Finkielkraut, Tillinac. Tous ces auteurs mettent l’accent sur la notion de Nation, sur les valeurs d’autorité, sur l’identité et sur la #France d’hier dont ils aimeraient voir briller le lustre aujourd’hui. La Gauche, « communautariste » malgré ses discours sur le républicanisme, a laissé faire et a laissé les communautés se développer entre elles en apportant du grain à moudre à la Droite. Si la pensée de Droite est aujourd’hui triomphante, c’est parce que la Gauche a laissé à la Droite ce qui faisait sa force : le débat d’idées. Il y a plusieurs Think Tanks à Gauche mais ils sont incapables de produire une pensée structurée et incapable de mettre en défaut toute la Droite qui surfe sur un vent nouveau la lutte contre le terrorisme et le questionnement sur l’identité française.

 

La Droite qui était en perte de vitesse, revient au devant de la scène en s’appropriant un certain nombre de thèmes, comme l’identité, la sécurité, l’immigration (thème traditionnel du Front National). En revanche, la Droite évite l’écueil de dire comment on peut vivre ensemble dans une Nation traversée par les conflits religieux qui déstabilisent l’identité nationale. Il n’y a pas de conflit religieux en France, en revanche la pratique ou les principes d’existence de certaines religions, comme l’#Islam, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, posent problème. On attend des dirigeants politiques LR qu’ils disent de manière concrète quelle est leur position vis-à-vis de la pratique religieuse de nos compatriotes musulmans et on attend qu’ils disent aux autres compatriotes français comment intégrer l’islam dans la culture et la société française, sachant qu’il n’y a pas de séparation entre sphère privée et sphère publique dans l’islam, contrairement aux religions chrétienne et juive. Voilà le véritable problème qui est posé aux femmes et aux hommes politiques de Droite et de Gauche sur l’intégration, ou comme le dirait la Droite, sur l’assimilation de l’Islam dans la société française.

 

Les débats autour du Burkini, du voile, sont peut-être intéressants mais ils demeurent insuffisants car, au-delà de ces étoffes respectables pour nos compatriotes musulmans, il reste un problème fondamental : comment faire France avec nos compatriotes musulmans. La France n’a pas assez réfléchi sur sa manière d’intégrer les populations issues de son empire colonial. Elle a cru qu’elle pourrait se comporter comme elle l’a toujours fait, à savoir que ces populations étaient des sujets au 19ième siècle. Le problème est qu’avec l’acquisition de la nationalité française, ces sujets sont devenus des acteurs « activants », capables de voter, de revendiquer, de dire ce en quoi elles croient dans une société française marquée par la laïcité. La France est piégée par le concept de laïcité qu’elle n’a plus re-théorisé depuis 1905. La séparation de l’Eglise et de l’Etat était facile à cette époque, aujourd’hui nous avons l’islam et un certain nombre de nos compatriotes estiment légitime de pratiquer leur religion dans notre pays en suivant les principes de la sunna et de l’oumma qui font qu’il n’y a pas de différence stratégique entre la sphère privée et la sphère publique. Etre musulman, c’est être en continuité alors que pour nous catholiques, dont je suis, 1905 nous a obligé à opérer une rupture entre sphère privée et sphère publique. Interdire le #Burkini sur le territoire français, comme le fait Nicolas Sarkozy, c’est bien, mais que fait-on du voile ? On attend le vendredi 26 la réponse du Conseil d'Etat sur le burkini.

 

Voilà le véritable enjeu pour l’intégration de l’islam dans notre maison commune France. Comment lier sphère privée et sphère publique ? Séparer les deux, c’est créer une déstabilisation pour nos compatriotes musulmans. Messieurs les politiques, à vous de réfléchir pour des actes concrets.