Gérard Filoche voit s’éloigner la perspective d’une grande primaire unitaire. Car Cécile Duflot se présente à la primaire écologiste fin Octobre, et ce n’est sans doute pas pour y renoncer. À moins que, aux Journées d’été à Lorient, fin Août, sans Nicolas Hulot, les militants finissent par faire saisir aux adversaires de telle ou tel, que les moyens manquent pour organiser une primaire, même par correspondance, à moindre coût. Le plein de candidatures n’est pas fait. Ce devrait être le cas au 31 Août, date de clôture des déclarations d’intention. Si des non-adhérents affluaient avant cette date, les perspectives pourraient évoluer. Outre Cécile Duflot, il y aurait en lice, à ce jour, deux eurodéputés, Michèle Rivasi et Yannick Jadot, et trois militantes ou militants de base qui tentent ou renonceront à tenter de récolter 15 % des parrainages de conseillers fédéraux (36 signatures sur un total de 240 possibles). Théoriquement, ne peuvent donc se présenter que six candidats, et le plein sera fait… ou pas. À Lorient, il n’est pas prévu de débat entre les prétendants, ensemble ou par deux ou trois. Chacun interviendra de son côté.

 

Un enjeu personnel

Pour l’ancienne ministre du Logement, qui espérait éviter la foire d’empoigne d’une primaire, l’ouverture du vote aux non-adhérents peut être un atout considérable, car elle est la plus connue d’entre tous. Mais à l’inverse, si de farouches opposants parvenaient à rameuter le ban et l’arrière-ban de leurs connaissances pour lui faire barrage, et se mettaient d’accord sur l’un ou l’autre de ses adversaires, qu’adviendrait-il ? L’enjeu personnel, pour Cécile Duflot, c’est aussi de se voir désigner un poids lourd du PS dans sa circonscription parisienne. Pratiquement assurée de ne pas figurer au second tour, ni même de récolter moins de 5 % des voix au premier, ira-t-elle jusqu’au bout ? Déjà, le groupe parlementaire a été dissous puisque six députés ont rejoint, comme le sénateur Jean-Vincent Placé, la formation pro-gouvernementale des Écologistes ! François de Rugy se présente d’ailleurs sous cette étiquette à la primaire du PS. "L’espace est mince", concède-t-elle dans sa lettre aux militants. Il s’amenuise aussi pour le futur candidat socialiste qui pourrait se voir privé de 20 % des voix de gauche et écologistes au premier tour sauf… sauf si… le rejet d’un Sarkozy désigné contre Juppé et de Le Pen conduisaient les autres candidats (Mélenchon inclus) à une cuisante déroute.

 

Mélenchon l'imprécateur

Les chances que Mélenchon fléchisse, renonce, sont minces. Il compte sur des voix écologistes pour passer le cap des 10 %. Il interviendra le 28 Août à Toulouse lors d’un "pique-nique de la France insoumise" (Le Choix de l’insoumission est le titre de son prochain livre). Affluence et chiffres de ventes influeront sans doute sur ses décisions. Il prône "l’éco-socialisme" en critiquant à mots couverts, sans le nommer, le PC "productiviste". Mais ses appels du pied au vote musulman passent mal, y compris dans son propre camp, tout comme son égocentrisme.

 

En réserve

Philippe Poutou (NPA), Nathalie Arthaud (LO) se présenteront. En cas de rejet de Juppé, Bayrou entrera dans l’arène. Il ne reste plus que Pierre Laurent (PCF) – voire Clémentine Autain (FDG, proche du PCF) – à rester sur leur réserve, tout comme Emmanuel Macron qui s’est affiché avec de Villiers pour déclarer qu’il n’était pas socialiste. Selon divers sondages, une majorité de Français désireraient une chimérique "union nationale". Même celle des anciens combattants (ou ce qu’il subsiste de celle des Résistants) n’est guère homogène. Mais pour en revenir aux Verts, Michèle Rivasi, ancienne dirigeante de Greenpeace France, conserve de fortes chances. Conseillère municipale de Valence après le conseil général de la Drôme, dont elle fut députée (apparentée PS), elle saura mobiliser et peut-être bénéficier des apports des anti-Duflot. Reste à savoir si le budget d’#EELV y survivra. Que soit elle ou Duflot, les dettes se creuseront. #Élections